PROFESSION DE FOI D'UN SOUTIEN A LIBERTAS DONT J'APPROUVE LE CONTENU EN EMETTANT DES RESERVES SUR LE POSITIONNEMENT

                      Le 14 juin 2008, trois ans après le double rejet franco-néerlandais au projet de constitution européenne, l'Irlande, seul Etat européen à avoir été consulté à ce sujet, rejetait sa copie conforme qui est le traité de Lisbonne.

On a vu à cette occasion apparaître un milliardaire influent, jusque là inconnu du grand public- sauf peut-être par la participation de sa société Rivada Networks à la lutte contre l'ouragan Katrina dans le Sud-Est des Etats-Unis d'Amérique.  Personnage controversé par certains nationaux et souverainistes qui reprennent curieusement à cette occasion les arguments développés par l'ex-soixante nuitard trop connu Daniel Cohn-Bendit, qui osait le comparer à un agent de la C.I.A. parce qu'il combattait l'Europe supranationale.

Comme si nos alliés américains n'avaient pas toujours joué la carte de l'Europe supranationale pour mieux asseoir leur domination économique et diplomatique sur le Vieux Continent !

                    Si l'on peut regretter l'absence du mouvement Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan ainsi que d'autres personnalités élues sous l'étiquette de la majorité présidentielle parce que soutenant sincèrement les déclarations rédigées par Henri Guaino, il reste que deux mouvements-le Mouvement Pour la France et Chasse Pêche Nature Traditions- au moins se sont associés à l'initiative " Libertas "  et que cette association présente une cohérence idéologique certaine.

 

                       On a beaucoup plaisanté à propos de la dernière vidéo de " L pour Libertas " et la défense du fromage au lait cru et du vin rosé, concernant une réglementation européenne à la fois ultra-libérale et collectiviste-de par sa propension à uniformiser- risquant de mettre à mal ces deux produits notamment.

Attachés à la santé publique ainsi qu’à celle des particuliers, nous en voyons cependant davantage des menaces dans la « malbouffe » que dans des produits traditionnels certes « caloriques » parfois mais sains !

Mais cette question dépasse largement la simple dimension alimentaire que cette forme de culture " hygiéniste " peut estomper et c’est là que le double langage du ministre-candidat Michel Barnier ne saurait tromper.

Notre vision de l’agriculture est  basée sur le respect de l'environnement à l'inverse d'une agriculture " productiviste " encouragée jusque-là par la Politique Agricole Commune tandis que, à partir de la réforme de 1992, celle-ci s'est traduite par un encouragement à jachère et aux " quotas de production ".

Ces deux écueils qui d'ailleurs coexistent aujourd'hui suffisent à expliquer notre position pour une agriculture "durable " où les producteurs seraient encouragés à vivre de leur travail mais sans avoir outre-mesure recours aux nouvelles techniques de production.

Plutôt que la politique de redistribution à l'européenne qui favorise une agriculture d'exportation (avec une bulle immobilière comme en Espagne dont les « fonds structurels » sont directement responsables), nous défendons l’idée d’une agriculture diversifiée et harmonieusement répartie sur le territoire. Par exemple, il est inutile d’importer des fruits et légumes dans le Midi languedocien, provençal et niçois…D’ailleurs, la défense de la ruralité à laquelle CPNT aspire ne consiste pas à opposer nature et activité humaine mais au contraire à prôner une économie basée sur un équilibre entre exigence économiques et activité humaine conformément à un ordre « traditionnel » des choses. 

C'est pourquoi en première ligne dans la défense du fromage ou du vin rosé provençal, nous défendons avant tout la nécessité d’agriculteurs et pêcheurs vivant de leur travail, quitte à leur faciliter la tâche par un transfert de leurs charges sur les produits d’importation.

Par ailleurs, nous défendons l’idée de normes plus strictes à l’égard des produits phytosanitaires garantissant la qualité de nos produits du terroir avec application de pénalités pour ceux qui ne les respecteraient pas et mise en place d’un système de « droits compensateurs ».  Cette logique nous semble d’ailleurs transposable pour toute l’économie.

 

 

 

                      Comme l’indiquait récemment le directeur de campagne de Libertas-France, l’ancien député CNI des Alpes-Maritimes Jérôme Rivière, il faut passer d'une logique de " libre échange " à une logique de " juste échange " . Il ne s'agit pas pour Libertas de nier la nécessité d'un certain " libéralisme " dès lors que celui-ci est encadré et qu'il interconnecte des " acteurs aux mêmes règles du jeu "  thématiques des " zones de préférence régionale ". En d’autres termes, la nécessaire liberté des échanges ne saurait s’appliquer efficacement qu’entre des acteurs problématiques similaires. Or, du moins en France et ce, afin de financer un Etat-Providence évidemment dispendieux par nature, les gouvernements ont fait le choix de taxer l’appareil de production qui, la mondialisation aidant, a fini par faire le choix de la délocalisation au grand dam de nos P.M.E. « enracinées ».

Conformément au programme de ses principaux membres français, Libertas préfère taxer les produits d’importation afin d’encourager la «  relocalisation » des productions (T.V.A, charges sociales) mais cela passe aussi par un système de  " droits compensateurs " aux frontières envers les produits ne respectant pas les mêmes exigences techniques et sanitaires.

Au sujet des aides publiques accordées dans le cadre des plans de relance, Nicolas Sarkozy a eu beau jeu de conditionner verbalement l’aide publique à l’industrie automobile à un arrêt des délocalisations, la Commission a tout simplement supprimé cette condition.

Ainsi, le contribuable aura dépensé à cette occasion 6 milliards d'euros en pure perte concernant le plan d'aide à l'industrie automobile.

Il nous semble que le Président Sarkozy fait trop confiance à son talent oratoire-ainsi qu’à sa plume- pour s'atteler aux conséquences réelles des traités et autres engagements internationaux qu'il fait ratifier par la France, en particulier le traité de Lisbonne dont nous avons déjà montré qu'il contredisait les bons aspects " observés " lors de la présidence française de l'union européenne au deuxième semestre 2008, rappelons d’ailleurs que le succès relatif de celle-ci n’est pas lié à la prétendue « union » qu’évoque l’inénarrable Rachida Dati mais au contraire à leur dimension inter-étatique que nous défendons.

Bien sûr, cela tient aussi à la méthode de gouvernance Sarkozy davantage portée sur la communication événementielle que sur le projet durable mais ce n’est pas l’objet de la campagne des élections européennes (où les militants de la majorité présidentielle peuvent soutenir les listes  euroréalistes  s’ils le souhaitent).

Nous imputons toutefois directement à son actif indirect l’accord sur  baisse de la T.V.A. dans la   restauration-dont nous regrettons simplement le report de la mise en place à l’après-élections européennes (ce report est même inquiétant à mon sens mais accordons le bénéfice du doute pour l’instant) - et à son actif direct   le fonds d'investissement souverain sans doute plus efficace que les plans de relance de l’industrie automobile ou du secteur bancaire.

Libertas fait   la distinction entre les dépenses publiques d'" assistanat "-que reproduit d'ailleurs dans une certaine mesure Bruxelles avec ses " fonds structurels dispendieux "- et les dépenses publiques utiles au maintien d’une industrie ou d’une activité économiquement viable sur le long terme.

D'ailleurs, plus que d'argent public, c'est un plan de relocalisation dont les entreprises ont besoin, mettant fin à la dissociation structurelle entre un capital qui prospère en bourse-jusqu'à l'éclatement d'une crise financière rendue de facto inévitable dont il importe pour nous de tirer nous la leçon (tandis que le candidat Sarkozy prônait encore l’endettement à outrance lors de la campagne présidentielle)- et un travail qui s'appauvrit avant de se délocaliser-.

 

                   A ce niveau-là, la crise actuelle ne fait que révéler un système social globalement et moralement scandaleux où ce n’est plus le travail qui est récompensé mais la prise de risque financier et les délocalisations.

Car  notre vision est résolument sociale bien qu’elle ne soit pas « collectiviste ».

Simplement, nous ne nous reconnaissons pas dans la politique sociale  du " solitaire solidaire " que traduit souvent trop l’ « Etat-Providence » et son inefficace bureaucratie,  qui jette à l’intéressé une « prestation plutôt qu’un regard » et nous prônons quant à nous la réhabilitation des " communautés intermédiaires " comme vecteurs d’une bonne santé sociale. Ce qui nous distingue des prétendus " souverainistes de gauche " et de ceux qui partent à leur recherche… Bien sûr, ce type de  politique privilégie une logique d'enracinement relativement « naturel » où la notion de « terroir » constitue une réalité davantage qu’un concept artificiel et bureaucratique.

 

                      Enracinement impliquant une vision d'aménagement du territoire car il est souhaitable que les gens puissent rester à proximité du lieu où ils ont toujours vécu s'ils le souhaitent. Catastrophique est notamment le projet d’O.I.N. du plateau de Saclay soutenu par les amis du chef de l’Etat qui risque d’aggraver le phénomène décrit dès 1947 par le géographe GRAVIER« Paris et le désert français ». Déséquilibre à l’origine de ce double phénomène d’excessive concentration urbaine dans les grandes agglomérations et de désertification au sein de la « diagonale du vide ». Comment enrayer le déclin du sentiment d’appartenance et de la disparition des repères si l’on encourage pas les gens qui le souhaite à rester « chez eux » ? L’aspect pervers du déplacement  des gens et des  populations organisé se vérifie d’ailleurs, à différents degrés pour les Français de province, pour les étrangers « Européens » et davantage encore pour « les extra-européens », lesquels ont malheureusement tendance à utiliser le côté " passoire " des frontières de l'Union européenne depuis les désastreux accords de Schengen.

Nous marquons ici notre différence avec les mouvements qui se sont laissés cataloguer à " l'extrême droite " car nous entendons remédier aux causes du problème plutôt qu'aux caractéristiques « ethnico-culturelles » des migrants.

En effet, notre vision de l'identité n'est pas ethnique mais liée à un enracinement local permis par la revitalisation économique-dans le sens d'un " développement durable-sociale, environnementale et, bien sûr culturelle.

 

L'action du conseil général de la Vendée illustre d’ailleurs profondément cette complémentarité entre économie, social, environnement et culture que traduisent bien  les instituts de formation décentralisées, la contribution au foisonnement de Petites et Moyennes Entreprises, le revenu minimum de travail, la retraite à domicile,  la reconstitution de haies et du bocage  et bien sûr le remarquable spectacle « son et lumière »du Puy-du-Fou,  traduisant une vision dynamique et positive de l’identité.

Or, C.P.N.T. défend aussi l'enracinement local par l’intermédiaire des collectivités locales pour « créer de l’emploi et de la qualité de vie »par nature plus efficaces et moins redondantes que les administrations d'Etat- c'est un point de divergence avec Debout la République dont l’idéologie jacobinisante traduit plutôt un centralisme limité à la dimension nationale-que le programme de Libertas affiche ici et qui donne un caractère « concret » à notre souverainisme.

La Commission de Bruxelles quant à elle, se contente d’un principe d'uniformisation, forme de jacobinisme transposé à l’Europe et inadapté aux réalités parce que niant le principe de subsidiarité, interprété « à l’envers » par la Cour de Justice des Communautés Européennes à travers sa jurisprudence constante.

 

 

                     En réalité, et c’est là notre véritable spécificité, nous croyons à la subsidiarité dans le sens où l’échelon supérieur ne doit intervenir qu’en cas d’incompétence de l’échelon inférieur.

Cette vision nous permet d’affirmer un certain attachement en une forme de construction européenne dans l’esprit du traité de Rome et des accords de Malaga, où les Etats conserveraient leurs compétences propres et s’associeraient ponctuellement en vertu d’un projet déterminé. Nous adhérons à l'idée d'une Europe-puissance fondée sur une coopération inter-étatique de projet.

Cela donnerait une cohérence certaine à notre diplomatie dans un contexte de difficulté diplomatique et économique de la première puissance mondiale.

Il y a une évidente complémentarité entre la réintégration du commandement intégré de l’OTAN et l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, c’est un point sur lequel Nicolas Sarkozy n’est pas très honnête, lui qui a fait supprimer l’obligation de referendum lors de la révision constitutionnelle et a fait ouvrir huit chapitres supplémentaire lors de la présidence française de l’UE.

Cela implique une logique d'alliance non soumise aux Etats-Unis d'Amérique et une logique de " partenariat privilégié " avec des Etats n'ayant pas vocation à entrer dans la Communauté Européenne comme la Turquie.

Pour autant, rien ne doit empêcher les pays européens à l’histoire prestigieuse-le nôtre au premier chef- de poursuivre leurs grands projets dont, par exemple, l’Afrique francophone a singulièrement besoin.

« la France est un besoin des hommes » comme le disait ce grand écrivain…la primauté accordée aux intérêts et à l’identité française ne peut en soi s’opposer ni à ceux des échelons inférieurs-« communautés intermédiaires » de proximité-pourvu qu’elles ne sombrent pas dans l’autonomisme- ni à ceux de l’ « échelon supérieur » que constitue l’Europe- à condition  que cette dernière s’appuie enfin sur ses différents Etats au lieu de cette indigeste bureaucratie tour à tour libre-échangiste et uniformisatrice.

Finalement, nous voulons une « Europe respectueuse de l’authenticité, des traditions et de la spécificité de chacun » et c’est en cela que la plate-forme Libertas apparaît la plus proche de nos aspirations.