AVEC PHILIPPE BRILLAUT ET D'AUTRES ELUS, IL FAUDRA NON SEULEMENT FREINER L'APPLICATION DE LA LOI SI POSSIBLE MAIS SURTOUT TRANSFORMER L'ESSAI EN TERMES D'ELECTIONS LOCALES ET DE RESEAUX

 intimidations » du gouvernement n'ont fait que renforcer la détermination de tous les parents venus nombreux à la Manif pour tous, dimanche à Paris.

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Les mises en garde de Manuel Valls? Apparemment, elles n'ont absolument pas démobilisé les familles. Pour ce «jour le plus long» de la Manif pour tous, poussettes, trottinettes et mini-sweats roses étaient toujours aussi nombreux dans les cortèges. «On manifeste essentiellement pour l'avenir de nos enfants, explique Éric, quadragénaire parisien, père de 7 enfants. Alors, on n'allait pas les laisser à la maison!»

Tous les parents le soulignent, ces «intimidations» du gouvernement n'ont fait que renforcer leur détermination. «Je manifeste contre la loi Taubira, mais aussi contre le mépris de ce gouvernement idéologique et sectaire», assène Christophe, père de trois petits adoptés. «À chaque fois qu'il y a eu des interventions des pro-mariage gay, j'ai pu observer un bond dans les réservations de transports, raconte Dominique, 48 ans, responsable de la Manif pour tous pour l'Isère. Car chaque fois qu'on essaie de tricher sur la démocratie, on le paie cash! Résultat: on est deux fois plus nombreux, de notre département, par rapport à la dernière manif!» Une manifestation n'étant toutefois «pas un jeu scout», Dominique n'a pas emmené son petit dernier, deux ans. Quant à Éric, sifflet rose au cou, qui pousse Castille, bientôt un an, il a fait «attention de ne pas se mettre en tête ni en queue de cortège». «Mais, s'il y avait des incidents, poursuit-il, je me mettrais en première ligne, le temps que les plus petits soient mis à l'abri par les plus grands.»

Le long des quais de Seine, parents et enfants scandent en chœur, en se donnant la main: «un père, une mère, c'est élémentaire!» Autocollants sur les manteaux et drapeaux roses et bleus en main, ils ont aussi prévu les biscuits et le jus de pomme pour le goûter. «On voit la tour Eiffel!», s'exclame Augustin, 5 ans, qui roule en trottinette devant sa famille. Sur sa main droite, en grosses lettres rouges, le numéro de portable de ses parents. «Nous ne sommes pas inquiets pour d'éventuels débordements, confie son père, mais pour les conséquences encore méconnues de la loi Taubira, de la PMA, de la GPA ou de la théorie du genre…»

Lutter contre les «futures atteintes à la famille»

Derrière eux, Odile, 25 ans, brandit une pancarte représentant une banane, qui proclame : «C'est une pomme!»«Eh oui, c'est ce que l'école de Peillon va apprendre à nos enfants!, lance la jeune femme, entourée de ses parents et de sa petite sœur. Avec la théorie du genre, un homme peut se dire une femme, et inversement…»

Leur objectif, désormais, c'est de lutter contre les «futures atteintes à la famille»

Quelques minutes plus tôt, Odile raconte avoir rencontré un père et sa fille: «Ils nous ont demandé “pourquoi manifestez-vous alors que la loi a été votée?” Nous leur avons expliqué les dangers de la théorie du genre, et ils nous ont dit “vous avez raison, on rejoint le cortège”». Car la plupart des manifestants l'admettent, ils ont peu d'espoir de voir un jour la loi Taubira abrogée. Leur objectif, désormais, c'est de lutter contre les «futures atteintes à la famille», dont la théorie du genre, visant à gommer les différences sexuelles, pourrait faire partie.

En fin d'après-midi, après avoir passé «une petite heure» sur l'esplanade des Invalides noire de monde, Arnaud et sa petite famille rentrent chez eux. «Comme on a beaucoup marché et qu'on est prudents, on préfère rentrer chez nous, indique ce commercial, père de 4 jeunes enfants, venu du Chesnay, la ville du porte-parole de la Manif pour tous, Philippe Brillault. Mais on garde nos drapeaux, on reviendra en septembre…» Même détermination pour Mailys et son mari: «On en a marre d'être des sous-citoyens qu'on n'entend pas!, clame-t-elle. On est venu à chaque fois ; on reviendra défiler tant qu'il faudra… Et un jour, on sera fier de pouvoir dire à nos enfants: “moi aussi, pour vous, j'ai fait mai 2013!”»