RETRAIT DE JEAN-PIERRE CHEVENEMENT : LE SOUVERAINISME SE REPOSITIONNE A DROITE AUTANT AVEC GUAINO QU'AVEC NDA OU MARINE

Publié le par CASTELMAURE

Evènement quasiment inaperçu depuis la révélation des conditions de logement "H.L.M." de l'intéressé, le retrait de la candidature du "souverainiste de gauche" aux relents de "hussard noir" Jean-Pierre Chevènement contredit certes un peu mon précédant article à ce sujet et pourrait constituer un "non évènement en soi" étant donnés les sondages le plaçant à moins de 1%.  C'est oublier un peu vite son dernier résultat de 2002 qui n'a peu contribué au "21" avril, tendant à montrer que, contrairement à l'électorat de la liste Pasqua/Villiers 1999, il n'y a pas de recoupement avec celui du Front national.

 

Tout au plus peut-on remarquer que l'ancien député européen Paul-Marie Couteaux comme le député de l'Essone Nicolas Dupont-Aignan lui empruntent régulièrement des thématiques mais il faut considérer que ces deux derniers ont été élus initialement avec des réseaux et un électorat par essence "droitiers" , chose dont seul le second, enfermé dans une démarche solitaire qui a failli par lasser PMC lui-même, semble l'ignorer même s'il espère récupérer une partie de l'électorat chevènementiste pour le plus grand profit d'une U.M.P.qui sera obligée de le récompenser de toutes façons dans sa faiblesse actuelle car elle ne peut se passer ne serait-ce que d'1 ou 2% que, de surcroît, en faible étiage UMP comme cela semble le cas aujourd'hui, NDA prendrait davantage soit à Marine soit à François Hollande. Le phénomène Bayrou fera ici l'objet d'une analyse spécifique lorsque sa dynamique sera lancée...

 

En tout cas, le retrait du "Che" français-expression bien malheureuse quand on pense à l'anarchisme latent de ses partisans- présente l'avantage de repositionner le souverainisme à droite et cela s'inscrit dans un ensemble puisque, depuis quelques semaines-Lionnel Luca a eu raison de dire que c'était un peu tard mais je lui rétorquerai que, surtout dans la situation économique actuelle, "mieux vaut tard que jamais"- et il semble que ce soit l'exécutif actuel qui s'en fasse le plus garant en ce sens qu'il songe enfin à rééquilibrer le déséquilibre production/consommation qui ne profite qu'aux "pays émergents". L'idéal serait bien sûr l'instauration de "normes" sanitaires ou écologiques ou encore l'exemption d'augmentation de T.V.A. pour les produits "made in France" mais, étant donnée l'exemption des produits de première nécessité et de la restauration par essence non délocalisable et attirant des ressources de l'extérieur ou des (trop) riches métropoles, l'augmentation d'une T.V.A. frappant en pratique essentiellement les produits d'importation constitue une première "ouverture, bien plus fiable qu'une "sortie de l'euro" risquée et peut-être inutile étant donné le fait que des solutions plus progressives pourraient s'imposer d'elles-même en fonction de ceux qui partiront en premier (euro fort ou euro faible en fonction de cette donne). Et quand à la consommation, il faut savoir qu'elle est en France financée essentiellement par la dépense publique ainsi que par les bulles financière ou immobilière. Le fait que notre ami Henri Guaino ait défendu cette position ce matin me rassure, surtout depuis le revirement apparent sur cette question de Lionnel Luca, d'autant plus contestable que lui-même risque fort d'être réélu, peut-être d'ailleurs face à la frontiste Lartigue, et que, si la majorité a une chance de gagner, ce n'est pas par démagogie (les socialistes feront toujours mieux) mais par crédibilité supérieure, par chance (on peut toujours espérer un "21 avril à l'endroit en cas d'effondrement hollandais) ou encore...par des alliances avec le Front national.

 

Le paradoxe du Front national actuel est que, s'il a bien saisi la nécessité dans le cadre de la stratégie marinienne de récupérer l'électorat droitier souverainiste manifesté à diverses échéances comme le referendum 2005 ou les élections 1999, justifiant la "dédiabolisation", le socialisme latent de Marine mais aussi le personnalisme "providentialisme" hérité malgré tout de son père, donne l'impression qu'il s'agisse d'un "tout ou rien" plutôt stérile que le cas PEYRAT n'infirme pas vraiment étant donnée sa défaite aux cantonales en raison...d'un candidat "Front national".

Je renvoie alors aux propos tenus par Paul-Marie Couteaux à Versailles dimanche dernier, évoquant la perspective d'une défaite de l'actuelle majorité-expliqué d'ailleurs davantage par la "crise" que par l'enfumage"sarkozien réel mais exagéré par les frontistes de 2007 car ne pouvant pas expliquer à lui seul l'instabilité structurelle de l'électorat lepénien- mais, c'est là que le clan souverainiste peut s'y retrouver, avec éclatement des différents blocs rendant possible une alliance entre le Front national et la "Droite Populaire" auxquels les résidus de "Libertas" (M.P.F., C.P.N.T.) mais aussi le C.N.I. voire D.LR. sans oublier l'actuel président du conseil général de la Vendée Bruno Retailleau seraient conviés.

Comme tout le Front national ne suivrait pas, ce scenario redonnerait une crédibilité soutenue à cette "droite souverainiste" enfin rassemblée et autonomisée et il faut pour cela, chose non souhaitable en soi mais peut-être inévitable, que l'U.M.P. soit battue en 2012 (au profit de Bayrou?) et, chose plus souhaitable, que Paul-Marie Couteaux maintienne ferme avec Marine l'intention de négocier des places aux législatives-arguant du score de 1999 qui l'avait vu élire- et non à se rallier à elle de manière inconditionnelle de manière à maintenir le front national à un niveau inférieur à deux députés en juin 2012 et, malgré un score en avril, dans une position où il resterait incapable en soi d'infléchir en rien le cours des "vrais" évènements.

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