REGIONALES 2010: VERS UN SCENARIO DE REPETITION DES MUNICIPALES DE 2008 AVEC INSTRUMENTALISATION DE L'HYPOTHESE ERRONEE D'UNE REMONTEE DU FRONT NATIONAL COMME EN 2007

Publié le par CASTELMAURE

Il m'a fallu attendre quelques mois avant d'élaborer un scenario crédible pour les prochaines élections régionales.
En effet, dans l'état de décomposition et de décrédibilisation du Parti Socialiste, incapable d'élaborer des propositions constructives sur une ligne commune, et étant donnée la nature "structurelle"-et non conjoncturelle, j'insiste sur c e point-de la crise du Front national-, et tandis que l'intégration des mouvements-supports de "Libertas" parachève le processus de récupération par l'U.M.P. de l'électorat droitier, on aurait pu s'attendre il y a quelques mois encore à une répétition du scenario des élections européennes à savoir une abstention massive mêlée d'une victoire par défaut de l'U.M.P.Sans exclure l'hypothèse d'un intérêt présidentiel d'une victoire de la gauche aux élections locales que semblerait manifester la réforme de la taxe professionnel, il faut convenir depuis les élections européennes que Nicolas Sarkozy n'est pas Jacques Chirac et se positionne réellement comme le chef de la majorité et c'est pourquoi on pouvait s'attendre à ce scenario.

Pourtant, les affaires Miterrand et Sarkozy, même si elles ont redonné une impression d'objectivité des media, les difficultés économiques persistantes et quelques gestes ayant pu être interprêtés dans le sens de la gauche comme la "taxe carbone" ont modifié récemment les données au point que l'on commence à comprendre l'intérêt de la majorité à faire passer en force les réformes relatives aux collectivités territoriales y compris celle de la taxe professionnelle à savoir pénaliser les futures collectivités territoriales ce qui sous-tend que l'Elysée prévoit que celles-ci restent à gauche ou même encore davantage.

Serait-ce pour autant du à une véritable remontée du Front national que traduirait le regain soudain de certaines problématiques de manière très visible comme le lancement du débat sur l'identité nationale, la médiatisation des expulsions d'Afghans ou le lancement d'un nouveau plan de sécurité? J'ai déjà démontré que celle-ci ne devait pas être exagérée, les chiffres actuels de 8 à 10% ne traduisant une rémontrée que par rapport aux élections européenes et marquent une différence encore moins importante qu'en 2004 où les deux échéances sont intervenues la même année.

Ce qui est en revanche certain est que, même une perte mineure par rapport à 2004, faisant passer le parti de Jean-Marie Le Pen sous la barre fatidique des 10% dans plusieurs régions, aura des effets plus que proportionnels sur le parti en question.

Il est exact en revanche qu'une remontée du Front national empêcherait la droite de gagner dans quelques régions mais cela n'est valable que dans les régions à proportion importante d'électorat droitier comme en PACA. Or, une analyse plus précise montre que cet électorat "droitier" sudiste résiduel avait déjà commencé à deserter le Front dès la fin des années quatre-vingt dix. Alors où est le problème en dehors du Midi?

Le matraquage du Front national de retour sur la scène politique ne serait-il pas exploité exactement comme en 2007 (alors que le parti était déjà déclinant bien avant la campagne présidentielle), comme pour jouer à "faire peur" et inciter au "vote utile".

Le vrai problème est que la crise a renforcé la dépendance de nos concitoyens vis-à-vis de la société de consommation de masse et donc de l'Etat-Providence surendetté et que la gauche ne peut hélas qu'en tirer profit.

C'est pourquoi l'hypothèse d'une victoire de la gauche aux régionales de 2010 comme aux muncipales de 2008, anticipée par l'Elysée avec ses réformes de collectivités locales nécessaires mais brutales, se précise...mais sans véritable remontée du Front national et avec absention de l'électorat droitier comme en 2008.

Inutile de démontrer ici pourquoi le second ne votera pas pour le premier, je l'ai fait ailleurs et ce n'est pas l'objet.
L'heure n'est pas encore venue de développer une alternative comme un succès aux européennes aurait pu le permettre...

Je voudrais supplier mes amis de ne pas perdre leur temps lors de cette échéance pas si fondamentale que cela en termes de rapports de force politique.


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