RECUL DU GOUVERNEMENT SUR LE PROJET DE LOI CONCERNANT LA "FAMILLE": UNE VICTOIRE DE LA MANIF POUR TOUS?

Publié le par FRANCO-NAVARRAIS

 Précisons tout d'abord que comme l'indique Cécile Bayle de Jessé-transfuge du M.P.F. et "caution" conservatrice" de Debout la République- et, conformément à la logique qu'avait déjà fait remarquer Patrick Louis lorsqu'il a refusé de s'associer avec le Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin et le parti "de la Vie" de Jean-Claude Martinez , ce que ne feront pas les institutions nationales sera tout simplement fait au niveau des institutions européennes dans l'indifférence générale, ce qui devrait inciter à une réflexion de fonds sur un principe écclésiastique trop souvent oublié par les "cathos" d'aujourd'hui: celui de la subsidiarité.

 

Il n'est pas tout à fait volontaire de ma part d'avoir attendu 24 heures avant d'émettre une analyse concernant la "Manif Pour Tous" déroulée dimanche dernier, surtout si l'on la compare à celle de "Jour de Colère" déroulée une semaine plus tôt ou même à la plus résiduelle "Marche Pour la Vie" du 19 janvier qui ne regroupaint qu'une composante de la "Manif Pour Tous", à la plus plus militante et moins "sociologico-identitaire".

Il est clair en effet depuis le début que, comme la grande manifestation sur l'école libre de juin 1984, plus massive encore que les diverses "manifs pour tous" mais résumée en un seul évènement, que la "Manif Pour Tous" ressemble largement à un phénomène "identitaire" d'une portion de la société française, constituée par des "milieux catho" sociologiquement plus typés qu'ailleurs et renforcés par l'émergence d'une jeunesse désormais à l'âge adulte.  Bien entendu, le rejet massif de la politique "hollandaise" sur tous les plans n'était pas indifférent à ce succès-Ludovine de la Rochère elle-même a quand même évoqué la question du chômage dans son discours- mais il faut quand même y voir un décallage avec les préoccupations exploitées par les partis d'opposition ou, souvent plus légitimement d'ailleurs que ces derniers, par d'autres mouvements issus de la société civile comme les "Bonnets rouges" dont nombre d'adeptés étaient, malgré la désolidarisation officiel du mouvement breton, présents et beaucoup plus voyants au "Jour de Colère" où l'on sait que, si les provocations et répressions policières-dans le contexte de laxisme judiciaire ambiant- diligentées ou non par M.Valls ne peuvent être niées par ce dernier comme d'ailleurs à l'encontre de plusieurs manifestants "Pour Tous", étaient réellement présent des gens voulant "en découdre" même si leurs préoccupations étaient on ne peut plus légitimes quoique décousues, je pense à la question de la T.V.A..

Avec un succès à peine moindre que les précédants, la Manif Pour Tous a su surtout "profiter" du "bluff" de M.Valls pour montrer qu'elle était capable d'éviter elle-même les débordements, ce qui constitue à la fois une qualité intrinsèque et la révélation d'un défaut-des gens qui n'ont "pas trop de problèmes" par ailleurs- et l'on ne peut que s'en réjouir en tant que tel tant nous savions que cette "France-là" ne faisait pas peur à M.Hollande et que, comme paradoxalement le "Système" a besoin du parti "anti-système" qu'est le Front national", le pouvoir socialiste a  besoin, ne serait-ce que pour alimenter la diversion, de cette France "conservatrice", parfois caricaturale, qui ne vote de toutes les façons pas pour lui et réagit souvent trop tard-ce fût le cas du "mariage pour tous"-avec une naïveté ou une hypocrisie déconcertante que les ténors des partis d'opposition ne renieraient pas.

 

Sauf qu'étaient aussi réellement présents quelques, peu nombreuses, musulmanes et cela constitue peut-être l'une des clefs du problème à l'approche des municipales à hauts risques mais paradoxalement bien contrôlées par des socialistes qui misent sur le maintien du Front national dans le Sud-Est pour "limiter la casse" et il est vrai que, la personnalité de l'odieuse Najat Belkacem y a sans doute contribué un peu, on assiste peut-être à une démobilisation de l'électorat musulman profitant beaucoup moins que prévu du socialisme version "Hollande"-du moins le pressent-il avec le "virage social-démocrate"-et désormais heurté par les "lois sociétales" sur lesquelles les socialistes semblent miser l'essentiel de leurs efforts législatifs. La PMA et la GPA auraient d'autant plus aggravé la donne qu'elles constituent comme le remboursement total de l'IVG désormais permis sur "simple désir"-notons que Marion Maréchal-Le Pen a cette fois déçu, se mobilisant au même moment contre "des langues régionales" comme si la France pouvait se dispenser de cette saine réaction "identitaire"- que la situation des finances publiques est désormais dans l'oeil des marchés et de Bruxelles, certains signaux dont le "virage social-démocrate" n'est pas le moindre en attestent.

Et le Front national qui peine semble-t'il à constituer des listes dans certaines communes? Le jeu de la gauche locale avec l'électorat musulman va être d'autant plus complexe que des "ponts" existent désormais avec l'"extrême-droite" comme il en existe entre le Front et une partie de la "gauche dure".

 

En tout cas, le recul du gouvernement va embarrasser d'autant plus le principal parti d'opposition-auquel l'énigmatique d'une des communes les plus sociologiquement "Manif Pour Tous" qui soit Philippe Brillaut n'appartient pas- que l'U.M.P. était principalement gagnée à l'idée qu'il ne "fallait pas aller plus loin" tout simplement.

D'ailleurs, cela ne changera rien aux risques de dissenssions internes concernant la perspective d'accords électoraux puisque, pour des raisons différentes, aucun des deux principaux partis d'opposition-puisque le Front national en est un même s'il reste encore écarté du jeu politique-n'en fait son public principal.

D'un strict point de vue stratégique, l'exécutif socialiste n'a pas si mal géré que cela et cela s'inscrit clairement dans sa nouvelle stratégie-plus réaliste pour la gauche gouvernementale dans le contexte actuel-de concurrence de la partie "centriste" de l'électorat d'opposition sur lequel certains ténors de l'U.M.P., ayant bien négocié avec M.Bayrou ceci dit sur le plan local, seraient tentés de s'appuyer pour contrer les velleités "droitières de leurs concurrents pendant que Nicolas Sarkozy pourrait en profiter dans un second temps cette fois au détriment d'un Président de la République sortant inévitablement  discrédité en 2017. Mais d'ici-là, il y a les européennes et, le risque pour le Parti Socialiste serait que le "vote-sanction" non produit aux municipales s'y produise mais alors? Cela dépendra en partie de la stratégie de l'U.M.P.-laisser une division plus ouverte au risque de laisser le F.N. en tête ou jouer "groupé", laquelle dépendra en partie...des élections municipales!

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