RECOMPOSITION OU VICTOIRE DE LA DROITE AUX LEGISLATIVES : TOTALEMENT COMPATIBLE

Publié le par CASTELMAURE

                 Marine Le Pen a en soi raison d'évoquer la question de la "recomposition" de la droite, permettant le double avantage de mettre fin au "cordon sanitaire" mitterrandien et de valoriser les éléments "droitiers" au sein de la droite "parlementaire" elle-même" mais, elle semble d'ailleurs de le comprendre au vu de sa proposition de soutenir certains candidats UMP "au cas par cas", cela ne pourrait aboutir qu'à la faveur de la réouverture des "digues artificielles" existant entre le Front national et la frange "droitière" au sens large ("Droite Populaire", M.P.F.,C.N.I.P.,R.P.F...) de la majorité sortante, laquelle réouverture ne peut se faire par l'appel simple au ralliement à sa personne malgré la "dédiabolisation"..

 

Surtout, il est quasiment certain que le  Front national, même avec l'"Alliance Blueue Marine", n'aura pas plus de deux ou trois députés en juin prochain sans un minimum d'accords ce qui, dans les  zones droitières sans prééminence absolue de la majorité sortante (je pense ici à l'Alsace où les triangulaires n'empêcheraient pas la victoire de la majorité sortante), ne profiterait qu'à une gauche qui verrait des députés élus dans certaines circonscriptions où Nicolas Sarkozy a réalisé plus de la moitié des suffrages en mai dernier. Dois-je rappeler que le Front national a eu 0 député en juin 2002 et que c'est en 1997 qu'il a contribué le plus aux fameuses "triangulaires" avec un résultat d'ailleurs propice à la gauche, que la frange "droitière" a failli exploiter suite aux élections européennes de 1999, avant que tout cela, "21 avril 2002" compris ne serve qu'à la réélection de Jacques Chirac et à la formation de l'actuelle U.M.P. conçue davantage sur l'union pragmatique que sur la personnalisation qui, crise et sarkophobie obligent, ont fini par l'affaiblir depuis l'élection présidentielle de 2007.

 

Petite analyse actuelle:  le cas de Marine Le Pen dans le cas de sa "guerre des fronts" est indépendant des problématiques internes à la droite et, si jamais elle l'emporte, ce sera après avoir mobilisé l'essentiel des ressources de son parti au détriment des autres candidats. Le médiatique avocat Gilbert Collard semble avoir une chance sérieuse dans la deuxième circonscription du Gard au vu du résultat de l'élection présidentielle mais rien ne dit que le personnage soit implanté localement dans cette circonscription où, finalement, le Front national n'a eu aucun élu aux dernières élections cantonales. Et, si l'on regarde la circonscription où l'on a vu un élu assez confortablement à savoir Patrick Bassot à Carpentras-Nord,  force est de constater que c'est la fameuse Marion Le Pen, petite-fille du Menhir agée de 22 ans qui s'y trouve parachutée ce qui ne permet pas sérieusement d'envisager son élection à mon avis. Et je ne parle pas des métropoles du Sud-Est où les cadres de la majorité sortante y sont généralement bien implantés, augmentant systématiquement les résultats de leur ténor officiel national et ce, d'autant plus qu'ils y affichent une image plus "droitière". Bien sûr, dans certaines circonscriptions comme à Brignoles ou, surtout à Perpignan avec Louis Aliot, numéro deux du Front national, l'"Alliance Bleue Marine" peut espérer l'emporter dans le cadre d'une élection triangulaire mais celle-ci a quand même plus de chance d'être favorable à la gauche (sauf on l'espère à la droite tout de même en Alsace ou dans l'Est-PACA mais...).

 

                  Alors, ne vaudrait-il pas mieux que certains accords soient négociés "au cas par cas" et de manière réciproque, permettant d'offrir une grosse dizaine de députés à l'Alliance Bleue Marine suite au retrait du candidat de la droite officielle...contre la réciproque bien sûr à savoir le retrait des candidats frontistes dans les circonscriptions où l'électorat se chevauche et où les candidats de la majorité sortante y sont de tendance droitière ou, du moins, n'y sont pas hostiles, aboutissant à la victoire de ces derniers?

Cela fera au total une vingtaine de circonscriptions, une dizaine de manière certaine au moins, où la gauche serait battue dans ce cas et victorieuse dans le cas opposée et cela, n'est-ce pas crucial?

 

L'autre unique alternative étant de laisser la gauche soit organiser le décrochage de la France avec des effets irréversibles même électoralement comme avec le "droit de vote des étrangers"-compromettant même le travail de réseaux et d'implantation locale- devant le besoin d'électeurs et de recettes fiscales face à la remontée des O.A.T. soit valider mais exploiter certaines "bonnes mesures" de la droite comme la T.V.A. sociale voire certaines faiblesses du gouvernement précédant au niveau de la financiarisation de l'économie corrélée avec le chômage de masse et, malgré l'intégration de C.P.N.T., un désintérêt certain dommageable pour une ruralité seule à même de pallier la quadruple crise économique, écologique, sociale et identitaire des mois à venir.

 

Si les accords "au cas par cas" ne contribueraient  sans doute pas à l'union d'une droite parlementaire excluant le Front national, ils contribueraient à l'essentiel à savoir la défaite de la gauche avec en prime une contribution à la fois à la levée du "cordon sanitaire" et à une plus grande représentation de l'électorat droitier au sein de la droite gouvernementale, puisque les candidats "droitiers" patiraient moins d'un maintien du Front national.

 

 

 

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