PERTE DU "AAA": SOUVENONS-NOUS DES PATATES AU DANEMARK

Publié le par CASTELMAURE

                 Ainsi, la note "AAA" de la France est tombée et c'était tellement prévisible que cela en devient un "non évènement".

Soit elle dément l'idée d'une collusion objective de l'Elysée avec les "agences de notation" qui, comme le chef de l'exécutif manifestement (encore pensait-il peut-être à 2012) n'ont pas vu arriver la crise des supprime et puis celle des dettes souveraines dans la zone euro soit, plus grave, il s'agit d'une mesure de rétorsion envers l'Elysée concernant la "TVA sociale" ce qui exempte l'exécutif d'une partie de sa responsabilité quant à l'absence de mesure "protectionniste" dont l'économie française aurait eu besoin pour préserver ses emplois et ses finances publiques. Dans les deux cas, il est inutile de s'acharner sur Nicolas Sarkozy car sa responsabilité n'est à ce titre pas plus importante que celle des autres politiques français et européens.

             Sauf bien sûr si l'on considère que c'est justement cette absence de mesure protectionniste qui a conduit à cette dégradation ce qu'il n'est pas absurde de penser tant l'on pouvait penser à un moment donné que les contrats d'exportation rapportés par le Président-facilités parfois par la crise et la baisse de l'euro-  beaucoup plus laborieux à la fin, pouvaient compenser l'impact des délocalisations et que l'essentiel était de préserver jusqu'à l'insoutenable la solvabilité des Etats membres de la zone euro. C'était évidemment utopique mais soulignons que nous sommes en démocratie et que la gauche aurait fait-ou fera certainement si elle "passe" en 2012 bien pire en termes d'aggravation des finances publiques et de la protection de l'emploi-le débat actuel sur la "TVA sociale" après celui sur la réforme des retraites le montre bien-, tant il ne sert à rien de soutenir la consommation si celle-ci ne profite qu'aux industries des pays émergents, à moins qu'elle ne fasse vivre quelques commerces en zone rurale. Car c'est finalement la plus grande erreur, fatale aux élections sénatoriales du début de l'automne, que de s'être montré prêt à dépenser de l'argent public pour la capitale comme pour le système financier (les intérêts de la dette publique compensant largement ceux de  ces dettes privées financières qui d'ailleurs sont largement "croisées" étant  données la détention des O.A.T. par les banques-je parle de la loi de 1973- sur laquelle les tenants du "hors système" focalisent leur seule attention comme si l'endettement public en lui-même n'en était pas un) en négligeant jusqu'à présent de préserver des emplois au prix d'une diminution aléatoire de la consommation et d'un pouvoir d'achat qui patira de toutes les façons de la dégradation des finances publiques, de l'absence de dévaluation mais aussi paradoxalement de l'inévitable "planche à billets" européenne qui, comme la sortie de l'euro, renchérirait le coût des produits importés autrement plus qu'une "TVA sociale" qui permettrait au moins de faire des dépenses sociales stratégiques (en termes d'aide à l'emploi dans le développement "durable" par exemple).

Bref, Sarkozy n'a pas fait bien ou plutôt n'a pas fait bien assez tôt-et la concomitance de la nécessaire "TVA sociale" avec la perte attendue du "AAA" interdit de répondre à la question de la "poule et de l'oeuf" mais met le doigt sur le lien entre délocalisations industrielles, déficit commercial et aggravation de la dette publique et les autres auraient probablement fait pire. Peut-être même Marine Le Pen dont la "sortie de l'euro" n'est certes pas absurde mais est incompatible avec la préservation d'un Etat fort et interventionniste qu'elle prône pourtant, étant donnés le décalage temporel entre le renchérissement des produits d'importation et la relance des exportations qui ne peut intervenir que dans un second temps tandis que la "TVA sociale" permettra d'intervenir en même temps.

 

          Et maintenant? La "TVA sociale" va limiter la casse et c'est pourquoi il ne faut pas s'affoler outre mesure de cette dégradation, d'autant plus qu'il existe quelques points positifs à la crise elle-même comme la baisse des prix immobiliers, la chasse à la gabegie publique, l'attention portée au "développement durable" , les vacances passées dans les campagnes françaises et non à l'étranger, la responsabilisation énergétique et la réintroduction d'éléments de la  "société traditionnelle" voire la limitation des "pompes aspirantes" migratoires ou la relance des exportations par la baisse de l'euro. A condition de ne pas inverser les priorités et ne voir le salut ni dans la survie de la zone euro ni dans celle de l'Etat-Providence ni dans celle de la finance, dont le seul point commun est le degré de promiscuité avec les politiques.

Faiblement relayé aujourd'hui par un interview de Dominique Souchet, il est dommage que le discours de "Combat Pour les Valeurs" conjuguant le pragmatisme vendéen avec les prédictions de Jimmy Goldsmidt ne se fasse pas davantage entendre mais comme je prône la responsabilisation des citoyens...

En attendons, suivons l'exemple du Danemark qui,après avoir su négocié son traité de Maastricht, a retrouvé son "AAA" grâce à une cure de "patates"..

Commenter cet article