NICOLAS SARKOZY JOUE LA STRATEGIE DES BLOCS A SON PROFIT MAIS N'A PAS ENCORE GAGNE

Publié le par FRANCO-NAVARRAIS

Sur certains points et comme pour se différencier d'Alain Juppé-encore qu'il n'hésite pas à emprunter à François Fillon pour ce qui relève de la réduction des dépenses publiques-Nicolas Sarkozy a joué la carte "droitière" dans son meeting de Lambersart en mettant l'accent sur quelques éléments diversifiés et précis-à l'échelle d'un programme économique-comme les conditions au bénéfice du R.S.A. ou la refonte de l'espace Schengen. De ce point de vue-là, cela reste dans la continuité 2007 (et 2012 malgré tout) mais sans la portée générale du discours qui, finalement, a pu être interprêté à l'époque par tous les courants comme correspondant au leur...ce n'est d'ailleurs pas si absurde que cela comparé à son bilan puisque, malgré tout, l'on pourra alors estimer qu'il s'agit davantage de petites préoccupations concrètes, nécessairement plus applicables que de grands discours.

 

Notons d'ailleurs que, sur un sujet qui n'intéresse peut-être pas-ou plus- la majorité de l'électorat droitier à savoir le "mariage gay", il s'est bien gardé de tenir une promesse qu'il ne tiendrait pas et j'aurai tendance à en déduire qu'il s'agit d'un "piège" adressé à l'aile "conservatrice" du Front national-bien représentée dans le parti mais beaucoup moins bien dans l'électorat surtout sur ces terres du Nord-qui sera tentée de s'écarter ainsi de la ligne Marine qui, si elle syphonne désormais au moins autant l'électorat de gauche que ce qui reste d'électorat "droitier", gêne tout le gêne tout de même en ce sens que cette ligne pourrait, dans le cas d'un rassemblement râté, gêner l'accession au second tour du candidat de la "droite classique".

Car, s'il se déclare favorable à la primaire-au grand dam d'Henri Guaino qui cherche toujours à concilier gaullisme et sarkozysme-, c'est bien pour accroître sa légitimité de "rassembleur" du bloc de la "droite classique-contrairement à Alain Juppé mais c'est logique, il ne précise pas que le rassemblement s'étend aussi au centre plus idéaliste en même temps que plus responsable sur certains points comme la fiscalité indirecte- et c'est bien cette carte-là qu'il joue en désignant François Hollande et Marine Le Pen  comme ses adversaires et réduisant ainsi ses concurrents à droite au rôle de seconds.

Mais pourquoi ne répond-il pas à Manuel Valls d'ailleurs qui, avant son voyage épique en Allemagne où il a pu mesurer tout ce qui distingue les deux "premiers" Etats de l'Union européenne-avait par anticipation joué son "vote de confiance" -garanti tout de même par le "chantage à la dissolution" hollandais- en désignant l'ancien Président  comme son adversaire et donc l'adversaire de la gauche, jouant ainsi de la même stratégie du "faux rassemblement"?

On peut penser que c'est pour mieux le négliger-après tout, il espère bien affronter François Hollande ou, encore mieux, l'éliminer et affronter ainsi Marine au second-mais il n'est pas non plus interdit d'imaginer, compte-tenu du "parcours d'obstacles" qui l'attend encore, un autre scenario plus conforme à celui du complotiste Emmanuel Rattier en facilitant un peu la tâche au Catalan et laminant ainsi pour le coup ses "concurrents" officiels à droite.

Sarkozy complice de Valls? Nous verrons...

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