LES AFFAIRES A L'UMP ET LA DELIQUESSENCE DU PS, VERS L'"UMPS" DE MARINE LE PEN MAIS SELON LE SCENARIO D'EMMANUEL RATTIER?

Publié le par FRANCO-NAVARRAIS

Notons d'abord en préalable la distorsion manifeste entre des fondamentaux économiques (balance extérieur, chômage, dette hors intérêts) franchement mauvais et des taux d'intérêt particulièrement faibles qui, même s'ils assurent encore une "rémunération" supérieure à l'inflation-puisque les liquidités massivement injectées par la B.C.E. sont absorbées par le système financier et par les obligations d'Etat par la force des choses-, constituent aujourd'hui la seule garantie de la survie du système de redistribution sociale jusqu'à...?

Au même moment, rejetant la proposition de report des élections régionales à la fin 2015 comme le souhaitait le Président Hollande afin d'"user" le Premier Ministre Valls "plus longtemps", le Sénat décide de confronter la majorité gouvernementale plus vite aux urnes...ainsi que l'opposition qui ne semble pas régler pour l'instant son problème de "leardership"!

Attendu que, le "chantage à la dissolution" ne fonctionant pas si mal que cela, la "gauche gouvernementale" semble avoir clairement renoncé à satisfaire la "surenchère" à gauche-d'ailleurs fortement utopique et paradoxalement récupérée par un Front national dont l'échec à constituer un groupe semble marquer un point d'apogée" et que les circonstances "politiciennes" semblent renforcer le "poids relatif" de l'aile "classique" de l'U.M.P., la "différence" programmatique devient fortement improbable et les électeurs s'y attendent désormais.

 

Alors, Manuel Valls inaugure-t'il une nouvelle ère? C'est le scénario du complotiste Emmanuel Rattier qui semble confirmé cependant par sa fermeté affichée face aux grévistes, expression d'une "contestation de gauche" désuette et...fortement impopulaire dans le sens où l'exécutif ne fait que gagner en popularité en ne cédant pas à ce type de contestation "sociale" indéfendable même si l'économie s'en ressent inéluctablement mais sur le "court terme" seulement!

Il reste que, au vu des élections européennes, l'extrême-gauche et l'aile "gauche" ne semblent pas avoir profité de l'impopularité croissante du Président et que, comme nous le pressentions, les députés "frondeurs" cèdent tout de même un peu au "chantage" et, de ce point de vue-là, MM Hollande et Valls sont solidaires...face aux députés de leur majorité théorique.

C'est qu'une partie de la contestation "de gauche", celle qui n'est pas relayée par l'égocentrisme des centrales syndicales, se trouve précisément aujourd'hui incarnée par.........le Front national de Marine Le Pen! Pratique d'un certain point de vue pour ceux dont l'objectif est précisément de ne pas céder à la contestation sociale.

Bien sûr, le Président Hollande espère vraisemblablement aussi le scenario "idéal" à savoir que les déboires de l'U.M.P. amènent un éclatement de la formation y compris à l'élection présidentielle ou, du moins, une éclipse de ceux qui tiendront ou relayeront un discours "droitier" susceptible, comme en 2007, de syphonner l'électorat "petit blanc" des villes moyennes du Sud-Est! Mais, comme je viens de le signaler, rien ne dit que le résultat de Marine Le Pen ne se caractérise pas autant par un "syphonnage à gauche" qu'à droite tandis que rien ne dit que non plus que la "droite parlementaire" organisée, problèmes financiers obligent, à partir de ses élus, ne trouve pas un candidat moins impopulaire que le Président sortant!

 

C'est là que l'hypothèse de M.Rattier trouve tout son sens car elle permet a priori de "limiter le risque" pour tout le monde en maintenant au rôle de fusible un Manuel Valls qui n'a aucune raison de faiblir tant que la communication reste performante, tant que les investisseurs institionnels continuent de prêter à des taux suffisemment faibles pour permettre la "survie du système" malgré le chômage record et tant que...majorité comme opposition également discréditées se divisent suffisemment pour lui permettre de prolonger son règne pour l'instant avec la complicité objective du Président Hollande qui a encore trois ans pour étudier un nouveau scenario si le Catalan n'est pas encore atteint d'ici-là. De plus, elle validerait l'acception lepénienne de l"U.M.P.S", puisqu'il s'agirait d'une forme d'"union sacrée" pour la préservation de l'euro et du système mais au détriment d'un Front national qui n'arriverait plus à jouer les perturbateurs et qui, d'ailleurs, semble avoir atteint sa limite avec son échec à constituer un groupe au Parlement européen où, flanqué de l'humporiste italien Grillo, Nigel Farage risque d'avoir bien plus d'aura!

 

Il est un moment où les électeurs cesseront définitivement de jouer le jeu de l'alternance permanente et Manuel Valls incarne peut-être mieux que les autres l'idée d'un "compromis social" entre une droite parlementaire et une gauche gouvernementale de plus en plus convergentes par la force des choses, les "contestataires" étant réduits à l'impuissance par le "chantage à la dissolution" et l'incapacité du Front national à récupérer les éléments droitiers, ce qui, avec l'impopularité des syndicats grévistes ainsi que l'inquiétude devant la menace djihadiste, pourrait laisser de "bonnes chances" de survie à ce compromis improbable n'en déplaise à ceux qui, à l'instar de l'ancien Président Sarkozy, veulent encore jouer la carte d'un "clivage" techniquement impossible.

 

Reste que M.Rattier n'est pas suffisement économiste pour garantir que les "investisseurs" ne  finissent pas par traduire leur légitime inquiétude sur les chiffres alarmant du chômage comme de la balance des paiements-il suffirait que cela tienne trois ans- et que, pour inadapté qu'il soit, M.Hollande essaiera probablement d'exploiter la petite chance qu'il verrait qu'il s'agisse de perspective d'élimination "à droite" , d'épuisement de Manuel Valls ou de dissolution de l'Assemblée Nationale pour "ressouder la gauche" en confiant les affaires au plus "dangereux" de l'U.M.P. mais il y a tout de même de sérieuses raisons de penser en une "solidarité d'intérêts" des parlementaires de gauche privés d'électeurs et des parlementaires de droite privés de subsides hors indemnités dont ils n'ont pas l'habitude de se priver!

 

 

 

 

 

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