LA VICTOIRE DE MARINE DONNERA L'OCCASION AU FRONT NATIONAL DE POURSUIVRE LE RELATIF SUCCES DE LA DEDIABOLISATION MAIS NE SE CONCRETISERA QUE PAR LE JEU DE L'ELECTORAT DROITIER

Publié le par CASTELMAURE

Ce qui n'aurait pu être une surprise que pour les anciens des réseaux "catho tradi" qui, à travers diverses structures comme le centre Charlier ou Chrétienté-Solidarité, ont constitué un réel courant du Front national derrière le député européen Bernard Antony alias "Romain Marie" et alliés pour la  circonstance avec certaines organisations ou personnalités d'inspiration plus "extrêmiste" ou "identitaire" ancienne version, est donc arrivé à savoir la défaite de leur champion Bruno Gollnisch, privé de l'essentiel de ses soutiens potentiels par la succession de départs intervenus depuis la fin des années 90, face à la très médiatique et "moderne" benjamine du Menhir Marine Le Pen.

 

Malgré les défections de l'ancien "baroudeur" OAS Roger Holeindre et de la caution "beur" Farid Smahi -en réalité incarnations du passé "Algérie Française" du Mehnir, ce qui ne manquera pas d'avoir des incidences sur l'électorat septuagénaire des "rapatriés" du Sud-Est-, et le refus de la vice-présidence proposée par Marine, il est trop tôt pour indiquer si les "gollnischiens" vont encore une place au sein de l'appareil frontiste.

Ma réponse à cette objection serait "mi-figue mi-raison": d'un côté, Marine a maintenant intérêt à rassembler la "droite nationale" en vue de la seule échéance électorale qui, comme son père pour le coup, l'intéresse à savoir l'élection présidentielle 2012 où, contrairement à son père, elle pense pouvoir améliorer la performance du premier tour au second en cas de "21 avril bis", à l'envers ou à l'endroit, nous le verrons.

D'un autre côté, l'expérience des multiples scissions du Front national, surtout celles où l'on cherchait à "dépasser Le Pen sur sa droite" tendrait à montrer que Marine n'a pas nécessairement besoin des soutiens "encombrants" de Bruno Gollnisch surtout si elle veut confirmer la tendance à la "dédiabolisation", qu'il s'agisse dans un sens "populiste" ou dans un sens "droitier", ce que nous verrons aussi. Et puis, les difficultés financières du Front national auront fatalement du mal à se résorber, sauf à soumettre le parti au C.O.T.O.L.E.C. c'est-à-dire à la famille Le Pen, et ce, d'autant plus que le nouveau scrutin qui entrera en vigueur en mars 2014 risque d'amener à une quasi-disparition des mandats et groupes dont dispose encore le Front dans les régions de la moitié Est, ce qui m'amène à m'interroger sur la réelle possibilité d'offrir des places aux gollnischiens!

 

En attendant, tout à leur tâche de "prise de parti" objective pour Marine-sur ce point, les "gollnichiens" ont un peu raison de dénoncer l'inégalité de traitement même s'ils oublient que c'est justement cet intérêt médiatique qui peut amener à un résultat à la seule élection (certes inutile lorsque l'on ne peut être élu) qui intéresse le parti qui est l'élection présidentielle-, les media ont semblé "oublié" que les élections  cantonales qui se dérouleront en  mars prochain donneront un véritable aperçu de ce que pourraient être les résultats frontistes aux futures élections législatives, sachant que ceux qui auront réalisé un mauvais résultat à la suite d'un autre mauvais résultat aux législatives précédantes ne seront pas motivés pour investir beaucoup dans une campagne qui risque fort de ne pas leur être remboursée suite au seuil des 5% bien sûr-d'autant que le Front ne dispose plus de cadres bien implantés localement à part M.Briois à Hénin-Beaumont- et suite à...une subvention publique qui en patirait à nouveau directement.

En clair, je veux dire que, si les résultats aux cantonales de mars 2011 sont mauvais pour le parti, les législatives de juin 2012 risquent d'être mauvais aussi et impacter directement sur l'aggravation des problèmes financiers et  ce, sans même parler des futures élections "territoriales" de mars 2014 où la petite centaine d'élus régionaux frontistes risque de se retrouver "dégagée" si la question des accords électoraux n'est pas reposée d'ici-là.

 

Il est vrai aussi que, dans l'hypothèse d'un très bon résultat de Marine à l'élection présidentielle, les élections législatives de 2012 pourraient être meilleures que les élections cantonales de mars 2011 en raison de le dynamique "générée"; il est vrai aussi que, en cas de "21 avril à l'envers", l'U.M.P. serait vraisemblablement atteinte d'un coup "mortel" pouvant provoquer son éclatement et, de fait, l'autonomisation de sa "frange droite" dont certains membres auraient pu conserver leur mandat parlementaire en raison de leur implantation dans des circonscriptions "droitières" voire de leurs accords informels avec le Front à ce moment-là, ce qui ouvrirait la voie à une franche et saine "recomposition" de la droite que les gens les plus responsables de la "droite nationale" appellent de leurs voeux, tant "l'électorat droitier" et ses représentants manquent beaucoup plus au Front national que les groupuscules "extrêmistes" comme l'ont montré le résultat de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle 2012, celui de la liste Pasqua/Villiers aux européennes 1999 ou certains résultats locaux dans des villes du Sud-Est.

 

Mais est-ce l'optique de Marine? Si Marine joue indiscutablement la carte de la "dédiabolisation", n'est-ce pas uniquement dans le sens d'un certain "populisme", confirmant l'afflux d'anciens électeurs de gauche notamment dans le Nord et faisant de la "laïcité" son nouveau "combat et, à ce titre-là on comprend que cela déçoive la mouvance catholique traditionnelle comme le tournant "villiériste" de 2005 avait ,aussi sur ce point, désorienté l'électorat du "vicompte" avec le résultat que l'on sait.

 

Mon espoir est que, soutenue par les media qui lui permettent de "se passer" elle aussi de ce qui reste de "cadres locaux" au Front national, Marine ne vise que un "21 avril à l'envers" qui, s'il amènerait le désastre économique du retour de la gauche-à part peut-être en cas de retour d'un "D.S.K. plus mondialiste que socialiste-, elle reporte à mai 2012 le véritable appel à l'électorat  droitier ET à ses représentants qui s'impose.

 

Mais, outre que cette hypothèse n'est qu'une parmi d'autres, dont un nouveau "21 avril à l'endroit" qui amènerait lui le triomphe de Nicolas Sarkozy comme en 2002, dont on parle d'ailleurs trop pour qu'elle se réalise à mon sens, il n'est pas absurde  d'imaginer non plus que Marine ne vise, comme par certains côtés la "socialiste" Ségolène Royal, que sa "gloriole" personnel auquel cas elle s'avèrera la pure "copie" de son père qui n'empêchera pas la poursuite du déclin du parti, malgré la "dédiabolisation" et ce, dans un contexte économique où l'électorat français attendra des gens capable de "faire vivre le Système" encore quelque temps.

 

D'ici-là, le résultat des élections cantonales constitue un enjeu aussi important que l'attitude des gollnischiens ou le futur positionnement de Marine pour comprendre ce qui va arriver.

 

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