LA DEFAITE DES GREVISTES ET LA PRESIDENCE DU G20 PEUVENT OFFRIR UN SECOND SOUFFLE A SARKO LUI PERMETTANT DE CONSERVER FILLON

Publié le par CASTELMAURE

Suite à la validation de la loi sur la réforme des retraites et à sa promulgation, on peut dire que l'exécutif a gagné la bataille qui vient de se dérouler puisqu'il n'a pas cédé sur cette réforme insuffisante mais nécessaire visant à préserver la crédibilité de la France auprès des marchés, la principale mesure à savoir le report de l'âge légal à la retraite permettant notamment de diminuer la dépense publique sans diminuer la recette, ce qui est assez rare dans notre économie d'inspiration keynésienne "ouverte" où, depuis les grandes vagues de délocalisations, l'économie de consommation s'appuie énormément sur la dépense publique. Au prix d'un endettement qui frise aujourd'hui le seuil d'inefficacité des politiques de "relance" et c'est pourquoi les désagréments liés à la grève étaient négligeables puisque l'économie actuelle favorise l'endettement et qu'une certaine "déflation" semble nécessaire, surtout en région parisienne! Ces derniers ont eu le mérite de désolidariser les actifs des syndicats dont l'action a pu parâitre irresponsable et qui pourraient être affaiblis encore par leur proposition d'indemnisation des grévistes.

 

De plus en plus, on se dirige aujourd'hui vers un maintien en fonction du Premier Ministre François Fillon dont la "popularité" montre que les Français ne rejettent pas le principe des "réformes" mais plutôt certains aspects "people" de la gouvernance Sarkozy plus...la politique d'"ouverture à gauche" qui a peut-être dans un premier temps désorganisé certains réseaux socialistes mais a aussi choqué l'électorat "droitier" qui, du coup, n'est pas allé aux urnes aux dernières élections régionales!

 

Ceci dit, ce n'est pas si grave que cela, d'une part parce que cela peut être l'occasion d'inciter les collectivités territoriales à davantage d'efficience sans que cela ne gêne l'action gouvernementale (l' Alsace bénéfiant de toutes façons de la frontière allemande) puisqu'elles sont catalogués "à gauche", d'autre part parce que les exécutifs régionaux actuels ont une durée de vie limitée en raison de la prochaine entrée en vigueur de la réforme territoriale. Laquelle risque de neutraliser l'impression de "regain" du Front national observé aux dernières régionales, due à la forte abstention à 53,5%, d'ailleurs en pleine crise de succession "interne" sans perspective d'autres élections proportionnelles à l'avenir mais..suffisante néanmoins pour justifier un nouveau positionnement "droitier" qui avait à peine ressurgi lors de la campagne des élections européennes faisant émerger la notion d'"euroréalisme"-que "Libertas" ne pourra pas exploiter mais davantage en raison des positionnements de Philippe de Villiers en 2005-2007-. Ce nouveau positionnement "droitier" même s'il est embryonnaire dans les mesures prises -encore faut-il rappeler que la démocratie française ne peut en l'état faire tout ce que la droite nationale voudrait faire certes légitimement mais sans que cela ne soit possible sans changement de régime-, présente l'avantage de s'attaquer à l'insécurité/immigration sans dérapage à la lutte contre l'assistanat comme on le voit avec les restrictions qui vont être abordées concernant l'Aide Médicale d'Etat.

Il ne peut avoir que du bon car, de deux choses l'unes, soit Nicolas Sarkozy tient à une nouvelle campagne "droitière" et il sera obliger de faire reconduire les investitures des députés de "Droite Populaire", soit il refuse à reconduire ces dernières et il trouvera dès ces prochains mois alors sur sa droite une alternative entre lui et le Front national qui sera représentée par des cadres, souvent députés au moins jusqu'en juin 2012, qui pourront servir de socle à une recomposition de la "droite" en attendant que le Front national ne disparaisse ou n'évolue positivement.

 

Que "Droite Populaire" soit écartée ou maintenue au sein du giron de la majorité présidentielle permettra de toutes façons à un pôle "droitier" d'émerger, tout de suite ou après 2012 selon le cas. Une éventuelle nomination de Philippe de Villiers au Gouvernement, bêtement critiquée par cette fraction de la "droite nationale" qui ne veut pas des responsabilités,  donnera une idée sur ce qui va se passer effectivement! Et de toutes façons rien n'empêche "Droite Populaire" de récupérer aussi des cadres du M.P.F. ou même des futurs anciens cadres du Front national si celui-ci ne parvient pas à modifier son positionnement "isolationniste".

 

Par ailleurs, si l'on se souvient de la présidence française de l'Union européenne, on se dit que Nicolas Sarkozy pourrait profiter du G20 pour faire prévaloir l'idée d'une coopération interétatique avec leadership français mettant clairement l'accent sur les problématiques de mondialisation, de coût des matières premières ou d'environnement qui peuvent améliorer sa crédibilité sachant que:

-le maintien d'un certain niveau de vie en France malgré l'abyssale dette publique ne peut se faire que grâce à certaines "relocalisations" d'emplois industriels au détriment des "pays émergents"

- l'impossibilité éventuelle de "relocaliser" lesdits emplois devra obligatoirement s'accompagner d'un mode de vie plus "écologique," permettant à la France de devenir plus autonome

 

Laissons donc pour l'instant évoluer le Front national au risque que les deux clans s'autodétruisent à se disputer les miettes laissées par son président actuel et dans l'espoir qu'au moins l'un des deux se ralliera au "bon sens" qu'incarne les démarches d'ouverture des cadres de "Droite Populaire", même dans l'hypothèse où celles-ci ne se concrétiseraient qu'après les élections législatives de 2012, sachant qu'une partie d'entre eux seraient alors réélus au moins jusqu'en 2017.

 

Commenter cet article

C.Martel ll 13/11/2010 07:22


Notre droite française est divisée comme les gaulois naguère, il nous faut absolument un Vercingetorix