DEBAT TELEVISE LE PEN/VARDON A NICE: L'UMP JOUE LA CARTE COMPORTEMENTALE EN ACHEVANT L'AUTO-DECREDIBILISATION DU MENHIR AUPRES DE L'ELECTORAT DROITIER

Publié le par CASTELMAURE

Manipulation par jeu de spectre ou réalité? Bien que j'ai toujours indiqué que les mauvaises impressions ressenties récemment à l'endroit de l'action gouvernementale se traduisaient surtout, comme lors des municipales 2008 finalement, par un regain de la gauche qui pourrait conserver la plupart des régions, avec le phénomène-très préjudiciable aux tenants du "hors système"- de manifestation irrationnelle de l'attachement des Français à l'Etat-Providence aussi longtemps que ce dernier subsistera avec ses caractéristiques actuelles, le regain de confiance induit des frontistes "égarés" s'est traduit par une petite remontée du  Front national dans les sondages, évidemment plus faible que ce que laissent entendre les media et ne dépassant pas en réalité l'habituelle différence entre résultats des élections européennes et des élections régionales.
Evidemment aussi, tout laisse à penser que l'UMP laisse faire en espérant ainsi  "vote utile" face au risque que le front national permette ainsi la conservation de certaines régions par la gauche, tout spécialement la PACA où, je l'ai démontré -en dehors du phénomène "rapatriés" en instance d'amenuisement structurel-,  les bons résultats du Front national jusqu'à la scission s'expliquaient par une conservation d'une proportion importante d'électorat droitier bien après les premiers calembours. Phénomène que j'expliquai par une prégnance de certains réseaux, incarnés parfois par des élus favorables à des accords avec la droite classique ce qui a expliqué leur départ.

Toujours est-il que, si faible que soit cette  récupération d'électorat droitier observée dans les derniers sondages, elle permettrait pour l'instant de restabiliser la liste Le Pen à un niveau supérieur à 10% permettant ainsi son maintien et, vraisemblablement, la victoire de la gauche au second tour malgré la forte proportion d'électorat droitier dans cette région. Et les mêmes sondages ne donnent évidemment pas la Ligue du Sud, dont le noyau militant que constitue les "identitaires" persiste à se positionner sur la frange dure voire "ethnisciste" de l'électorat "d'extrême-droite", à des niveaux supérieurs à 1 ou 2%.

Sauf que, outre que les "identitaires" ont tout de même un peu travaillé Nice avec Nissa Rebella-consituant localement le groupuscule le moins faible électoralement-, la liste comprend aussi quelques anciennes personnalités comme Guy Macary, Ronald Perdomo ou mieux Dominique Michel qui, ancien élu de Toulon-ville dont le maire Hubert Falco sera tout de même tête de liste départementale pour conserver à la majorité une fraction de l'électorat droitier local- a eu l'intelligence de consolider des réseaux en collaboration avec le pasquaïen Marchiani au confluent des droites c'est-à-dire en pratique à l'intérieur de la portion droitière de l'ancien  Front national dont ce dernier aurait besoin dans l'absolu pour revenir à son niveau de 2004 évidemment inaccessible car Jean-Marie Le Pen ne peut faire plus qu'un notable local comme Guy Macary-tête de liste FN en 2004-à une élection régionale donc locale. Surtout, les sondages de la Ligue du Sud ne sont pas assez affinés pour donner le résultat de la liste Bompard dans le Vaucluse qui, ne serait-ce que dans le Nord-Est du département, pourraient bien être supérieurs à ceux du Front national surtout si sa liste est dirigée par l'inexistant Thibaut de la Tocnaye et ce, évidemment au détriment de ce dernier. Comme, malgré leurs tares et leur déconnexion structurelle vis-à-vis des vrais enjeux de l'identité aujourd'hui, les "identitaires" constituent des militants d'une certaine efficacité pratique dont l'aura certes réduite touche au "noyau dur" de l'électorat "d'extrême-droite", ayant soutenu le Front national par le passé à travers des officines comme le Renouveau étudiant, l'addition de leurs efforts à ceux des anciens notables frontistes de la Ligue du Sud peut en soi finalement empêcher le Front national d'atteindre la barre des 10%.

Ce qui est remarquable en revanche est la capacité des partisans de la majorité à laisser Jean-Marie Le Pen se décrédibiliser lui-même face à Philippe Vardon, laissant ainsi "tranquilles" les poids lours de la Ligue du Sud...et surtout les cadres "droitiers" de l'U.M.P. comme le maire de Toulon. Le coup est double puisqu'ils réussissent ainsi non seulement à alimenter la rivalité Front national/Ligue du Sud forcément préjudiciable au F.N.-mais aussi à canaliser l'énergie lepénienne, via  des attaques de sénilité du Menhir sur des éléments inconsistants comme Vardon. Je ne serais pas loin de parier que ce débat a été organisé par des partisans de la majorité et que, comme presque toujours depuis la scission, le président du Front national est tombé dans le piège qui plus est, concernant une région dont il n'est pas originaire et où il a perdu l'essentiel de ses soutiens locaux. Il s'agit simplement de laisser Le Pen se décrédibiliser auprès de l'électorat droitier en perdant ses nerfs face au simple risque de concurrence électorale "sur sa droite", laquelle s'ajouterait à cette décrédibilisation. Cela ferait alors non pas un seul mais deux facteurs de risque qu'il n'atteigne pas les 10%.

Avec la possibilité que les Verts se maintiennent au second tour, ce débat laisse une chance à l'U.M.P. de reprendre la P.A.C.A. en réintroduisant une chance que la liste Le Pen n"atteigne pas la barre des 10% au soir du premier tour, amputé qu'elle serait  ainsi-par rapport à 2004-non seulement de la quasi-totalité de l'électorat droitier-abstentionniste comme en 2008 ou consolidé dans la majorité comme en 2007 voire siphonné par Dominique Michel- mais aussi d'une partie de l'électorat de sensibilité "identitaire" en plus de l'électorat local des Bompard.




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