COURTE VICTOIRE DE COPE SUR FILLON: VERS UN ECLATEMENT PREJUDICIABLE A LA DROITE?

Publié le par FRANCO-NAVARRAIS

          Marine Le Pen aurait de quoi sourire et d'ailleurs votre serviteur aussi, même si la perspective d'"éclatement de l'UMP" que la première prônait suppose une bienveillance avec les représentants de l'électorat droitier- plutôt derrière Jean-François Copé semble-t'il puisque le rôle des ténors maralpins Estrosi et Ciotti derrière François  Fillon mérite d'être analysé- qu'elle ne semble pas vraiment avoir compris.

Quoiqu'il en soit, avec un résultat "beaucoup plus serré" que prévu, et, surtout, à une victoire de l'ambitieux Secrétaire Général sur l'ancien Premier Ministre aux allures d'"Hollande de droite" malgré une certaine rigueur gestionnaire qui a peut-être permis à la France d'éviter le pire, il faut s'attendre à ce que chaque camps conteste les résultats et que, en attendant, les dissenssions s'accélèrent. Ce que je note le plus est que certaines fédérations de la "zone droitière", notamment les Alpes-Maritimes, apparaissent a priori les plus touchées par des fraudes ou soupçons de fraudes.

                 Est-ce un grand mal pour autant? D'aucuns pensaient que, en cas de victoire de l'ancien Premier Ministre qui, bien qu'ancien R.P.R. partisan du "non à Maastricht", semble davantage proche des milieux centristes "provinciaux" et démocrates-chrétiens, cela offrirait un boulevard au Rassemblement Bleu Marine comme vient de le suggérer le jeune député du Vaucluse Julien Aubert-lui-même élu en juin grâce au retrait de la candidate de cette dernière-  mais c'est oublier que, justement, le positionnement lepéniste traditionnel ne permet de confirmer ce boulevard que marginalement et seulement pour l'élection présidentielle, comme on l'a vu en 2002 suite à l'empêchement "technique" de Charles Pasqua, leader du courant droitier depuis son triomphe aux européennes de 1999 avec l'ancien président général de la Vendée comme co-listier.

                          Ceci dit, il est exact  que, surtout si des "arrangements" avec les ténors niçois ont lieu, que le Front national aura plus de mal à concurrencer efficacement le principal parti d'opposition qui afficherait clairement un discours droitier et que, même en cas de déception nécessairement limitée et, allons jusque-là, d"éclatement comme le suggère encore Marine Le Pen, une droite droitière constituée avec des cadres de la "Droite Populaire" serait d'autant plus libre et moins susceptible de renoncements surtout aux élections locales où l'implantation joue énormément. Au sein de l'UMP comme en dehors, cela ne change pas tant que cela la problématique pour l'instant et si cela la change, ce serait plutôt en défaveur du Front national en raison de l'image plus à droite de Copé qui décomplexe les discours droitiers..

Sachant que, devant l'incapacité de la gauche actuellement au pouvoir de gérer la situation économique ainsi que sa propension à élaborer des propositions absurdes et hors sujet comme le "mariage gay", il est probable qu'un vote-sanction se traduise contre la gauche aux élections municipales de 2014, permettant ainsi à l'U.M.P. dans un second temps de reconquérir le Sénat.

Pour cela, l'essentiel est paradoxalement moins d'assurer la cohésion de l'ensemble que de favoriser la multiplicité des tendances, notamment  celles qui empêcheraient le Front national de jouer un jeu favorable à la gauche comme il pourrait le faire à Carpentras, par exemple. Tandis que si une alternative à droite à une "U.M.P." officielle "centrisée" par Fillon-mais avec des faire-valoirs "droitiers" comme Estrosi ou Ciotti dans la zone droitière- et que cette liste alternative négocie intelligemment avec la liste "U.M.P. officielle" au second tour, la droite est sûre de l'emporter.

Finalement, une accélération des dissenssions pourrait être gérée à merveille par l'opposition si elle laisse les coudées franches aux représentants de l'électorat droitier et leur lui laisser ainsi toutes les chances de reconquérir des communes structurellement de droite et ainsi, le Sénat.

La droite n'a-t'elle pas triomphé aux élections municipales de 2001, alors que, du fait de la "bulle Internet", la situation économique n'était vraiment pas si grave, avec des anciens partisans de la liste Pasqua/Villiers proposés sur les listes municipales de l'opposition?

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