AFFAIRE CAHUZAC ET REFERENDUM ALSACIEN: LE SCANDALE N'EMPECHE PAS L'IMPASSE POLITIQUE DU VOTE PROTESTATAIRE

Publié le par FRANCO-NAVARRAIS

              Comme j'en ai désormais l'habitude, je ne juge utile de "prendre la souris" que pour mettre en rapport, en perspective deux éléments d'actualité en apparence très éloignés.

Je veux parler de l'affaire Cahuzac, bien sûr, dans un contexte d'échec économico-social gouvernemental, qui peut à la fois affaiblir l'actuelle majorité comme la classe poiitique en général, ce qui est très différent en termes d'effet "politicien" et, plus discret, de l'échec du referendum alsacien auquel les partis "protestataires" ont contribué.

 

                      Les partis "protestaires" ou populistes, contrairement à l'U.M.P. qui cherche bien sûr aussi à exploiter l'affaire Cahuzac en même temps que l'augmentation du chômage sans oublier la mobilisation contre le "mariage pour tous", se résument en fait à deux icones médiatiques que sont Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, lesquels se sont paradoxalement-paradoxe seulement apparent- rapprochés politiquement en tonnant dans le "hors système" pour le second et en tenant un discours plus "étato-gauchisant" pour la première, l'élément de fonds ayant été donné récemment par Olivier Besancenot en indiquant que JLM tonnnait désormais dans le "souverainisme" ou le "patriotisme" ce qui, si cela est bien sûr inexact, présente le double mérite de montrer les aspects communs du Front national et du Front de Gauche comme de montrer le caractère paradoxalement-paradoxe d'apparence encore une fois-éminemment mondialiste des courants trostkystes et/ou d'extrême-gauche.

A ce compte-là, et ce n'est pas là une véritable nouveauté, la vraie spécificité française serait plutôt dans l'incapacité des partis "populistes" à composer des alliances politiques dans un système pourtant bipolaire ainsi que de ce dernier à les accepter  comme tels.

Il faut dire que, si l'on oublie un peu l'incompétence manifeste de l'actuel exécutif et les quelques bonnes mesures ou bons positionnements pris par le dernier, ainsi que l'absurde entêtement gouvernemental à propos du "mariage pour tous" au moment où les indicateurs économico-sociaux-sauf les  taux d'O.A.T. mais cela mériterait un article à part entière- virent vraiment au rouge, l'affaire Cahuzac leur donne un peu raison à condition d'omettre aussi que la tartuffereie n'aurait pas autant tenté le coupable s'il n'avait pas du défendre au Budget l'absurde mesure de  taxation à 75% du patrimoine qu'il n'avait pas une seconde l'intention de s'appliquer à lui-même!

Les scandales et les affaires dans notre démocratie vieillissante à un moment où l'électorat se trouve confronté au choix pourtant nécessaire de modifier son mode de vie et leur retentissement médiatique semblent en effet désormais inhérent à ce "Système" que les leaders "populistes" dénoncent en cherchant à l'exploiter politiquement.

Il n'est que trop évident que l'argument  comme quoi seul l'intéressé est responsable ne tient pas la route une seconde dans un modèle où la "cooptation" constitue la règle et où les candidats n'hésitent pas à pratiquer la surenchère électorale en matière d'exemplarité,  surenchère qui rend la réalité d'autant plus scandaleuse une fois révélée. Et cette analyse ne corroborre que trop la réalité  du processus législatif visant à assainir la situation comme la loi sur le "cumul des mandats-applicable seulement en 2017-le prouve! D'ailleurs, la loi sur le financement public des partis montre là sa limite, coûteuse en termes de deniers publics et inefficace à empêcher le flux financier informel au profit des structures partisanes. Et quant aux leaders "populistes", leur faiblesse argumentaire réside peut-être dans la "virginité du pouvoir" qui rend les accusations "toujours faciles" comme on l'a vu récemment avec l'affaire du proche de Marine Le Pen initié à l'affaire Cahuzac avant son éclatement qui, tout récemment, a incité celle-ci à une mesure de délimitation de ce qui est reprochable au coupable dont elle était prête à s'abstenir!

 

                 Ces formations "protestaires" risquent fort du reste de n'en rester de facto qu'à la condamnation en l'absence de proposition constructive et c'est le deuxième enseignement de l'actualité récente à travers le referendum alsacien qui aurait généré une fusion des exécutifs locaux allant parfaitement dans le sens du cumul des mandats et de la moralisation de la vie politique et à propos duquel ils ont appelé à voter "non" sans semble-t'il s'interroger sur le sens de ce projet.

Cela m'amène d'ailleurs à deux précisions "idéologiques": région ayant payé  cher dans l'histoire récente son attachement à la France, l'Alsace constitue surtout la seule région structurellement gouvernée par la droite ce qui traduit avant tout une légitime exaspération des Alsaciens devant les prélèvements obligatoires fruits de leur travail qui donnent lieu à la dilapidation d'argent public que nous connaissons, mais aussi leur attachement à une certaine forme de société traditionnelle avec certains bon côtés de l'Allemagne voisine (solidarité naturelle au lieu d'en appeler à l'Etat, capacité à se "serrer la ceinture" pour contrer le risque de délocalisation, saine vision de l'écologie que l'existence de la centrale de Fessenheim ne remet pas en cause de mon point de vue), laquelle ne se trouve hélas contredite que par leur propension à voter "oui" aux  traités européens..

ce qui m'amène à la seconde précision liée à la définition de l'identité qui m'oblige à renvoyer dos à dos l'ethniscisme des identitaires d'"Alsace d'Abord" qui en oublient la dimension nationale ainsi que la nécessité  d'un système d'écluses en termes de frontières interétatiques limitant les flux matériels et humains qui constituent le véritable danger pour les lieux de  cohésion territoriale d'identité et...le "jacobinisme" de Marine Le Pen mais existant aussi chez certains courants souverainistes, gaullistes ou bonapartistes-le fondateur du Puy-du-Fou échappant évidemment à ce sophisme relayé par une mauvaise interprêtation des travaux de Pierre Hillard oubliant que les régions font la force d'une nation face à une structure institutionnelle ou financère multinationale- ce qui, mêlé d'un attachement irraisonné à l'"Etat-Providence"-subventions à l'immigration d'assistanat en moins mais cela pose le problème des personnes déjà tributaires de la nationalité française, problème se posant d'une autre façon pour les identitaires-, la rapproche effectivement du leader du "Front de Gauche". Mais pas de l'électorat droitier alsacien qui, plus encore que celui de PACA, confond à juste titre la question de l'assistanat entretenant une immigration non souhaitable et de la libération des énergies.

J'ajouterais à cette analyse que l'on pourrait attendre davantage de continuité entre la ligne du principal parti national et la diplomatie historique française qui, défendant la particularité alsacienne, n'a pas peu contribué ainsi à l'éclatement prolongé de l'Empire germanique pour le plus grand profit de la stabilité géopolitque européenne et, ce qui va ensemble, de l'intérêt national.

                   L'affaire Cahuzac, si l'on ne peut se plaindre qu'elle ait  décrédibilisé encore davantage le Système, a permis aussi aux  "partis protestaires" de faire échouer une mesure de bon sens qui aurait fait jurisprudence dans d'autres régions.

La solution vient probablement, comme à lépoque du juge Jean-Pierre, de l'exploitation de la  crise par une aile droite de l'ancienne majorité qui, tapant ouvertement sur l'actuelle, n'en conserve pas moins sa marge de manoeuvre et sa liberté d'interprêtation quant à l'action du gouvernement passé.

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