FRONT NATIONAL : LA FIN D'UNE ERE A DREUX

Publié le par CASTELMAURE

Front national : fin d'une ère à Dreux, la ville où tout a commencé

Le Front national vient de tourner une page de son histoire à Dreux (Eure-et-Loir), la ville qui lui a offert l'une de ses premières victoires électorales au début des années 1980, en mettant à la porte pour dissidence l'ancien responsable local du mouvement Jacques Dautrême.

Conseiller régional du Centre, acteur majeur de ce que le Front avait qualifié de "tonnerre de Dreux", M. Dautrême a décidé de soutenir la démarche de Carl Lang, député européen FN sortant en passe de créer un nouveau parti.

"Je me doutais bien qu'ils allaient m'exclure", raconte-t-il à l'AFP, évoquant le parti pour lequel il a milité pendant 31 ans. "On m?a reproché la boutade que j?avais lancée au moment de l?élection de Nicolas Sarkozy. J?avais dit : +puisqu?il a été élu sur nos idées, pourquoi ne pas appeler à voter pour lui ?", assure-t-il.

Aux dernières municipales de 2008, le FN n'a même pas présenté de liste à Dreux, échaudé par sa déroute aux élections législatives de 2007 dans la circonscription (7,77% des suffrages exprimés).

Les combats politiques de Jacques Dautrême sont désormais rangés au rayon des souvenirs. Surtout celui de mars 1983.

Pour la première fois, une liste RPR, conduite alors par René-Jean Fontanille, osa alors l?impensable : une alliance avec un Front national, jusqu'alors embryonnaire, emmené par l?emblématique Jean-Pierre Stirbois, à qui il est confié, entre les deux tours, la sixième place d?une liste recomposée. Le ticket est presque payant et René-Jean Fontanille ne rate l?écharpe tricolore que de 17 voix. Un faible écart qui aboutit à l?invalidation du scrutin.

C?est le retour aux urnes quelques semaines plus tard. Cette fois-ci, c?est le gaulliste Jean Hieaux qui conduit la liste de droite et consomme la seconde alliance avec le FN. Au soir du second tour, la droite remporte la ville de Dreux avec les voix frontistes. Après le décès accidentel de Jean-Pierre Stirbois à l'automne 1988, son épouse Marie-France prendra sa succession dans l'engagement local, multipliant les mandats: conseillère municipale, députée, conseillère générale, conseillère régionale, eurodéputée...

Mais malgré plusieurs tentatives, elle n'arrivera jamais a conquérir la mairie de Dreux et préférera aller tenter sa chance à Nice, dont elle deviendra conseillère municipale en 2001.

Depuis, le FN n'a jamais vraiment réussi à remonter la pente à Dreux.

"C'est terminé. A Dreux, il ne reste plus qu'une dizaine de militants. Et beaucoup vont me suivre", affirme Jacques Dautrême. "Le FN est en pleine débâcle. Marine Le Pen a détruit en trois ans ce que son père a construit en trente ans", n?hésite pas à affirmer l?ex-élu frontiste. "Après Jean-Marie Le Pen, il n?y aura plus de Front", est-il persuadé. "Le parti a perdu de sa hauteur et de sa crédibilité".

Le seul à y croire encore, c'est le responsable départemental du FN, le conseiller régional du Centre, Philippe Loiseau. Selon lui, "la section de Dreux est en pleine reconstruction. Nous n'avons plus de responsable local, mais nous allons monter une équipe composée de jeunes qui s'occuperont de remonter la section". Une section qui n'a plus de permanence dans la ville. Le bail n'a pas été reconduit.

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