Il n'y a pas eu de "miracle" à travers le débat Sarkozy/Hollande, ce dernier ayant même affiché une stature présidentielle doublé de retenue en même temps qu'une certaine pugnacité doublé de vivacité et de répartie.
Le chef de l'Etat a bien montré l'incompétence et la catastrophe inéluctable que constituerait inévitablement la victoire du candidat socialiste, en même temps qu'il l'a poussé à défendre des mesures intenables pour l'électorat droitier comme le droit de vote des étrangers qui ruinerait tout notre travail de réseau, mais ce dernier a relativement bien su l'attaquer là "où cela faisait mal", à savoir sur son bilan sur le triple plan de la dette publique, du chômage et des délocalisations, l'obligeant à s'abriter derrière la "crise" pour se justifier au lieu de justifier certaines de ses excellentes mesures comme la "T.V.A. sociale" -avec maintien des taux réduits pour les activités non délocalisables-, mesure qui préservera quelques mois supplémentaires nos finances publiques, nous le verrons-ainsi que ses préconisations de Villepinte qui auraient mis le candidat socialiste en porte-à-faux avec son électorat le plus "à gauche" en même temps qu'avec l'électorat MoDem, contradictoirement (je parle des traités européens) mais légitimement attaché au "made in France".
En expliquant qu'il a "sauvé l'Europe" , il a conquis peut-être des voix auprès des gens simples mais s'est un peu décrédibilisé par rapport aux personnes instruites en même temps que ceux qu'auprès de ceux qui ne sont pas-et légitimement-particulièrement attachés à la construction européenne sous sa forme actuelle. Ce qui en revanche est exact est que la France n'a pas pris les mesures de ses partenaires européens, qu'ils soient en "bonne" santé comme l'Allemagne ou en mauvaise comme les pays du "Club Méd" et que cela traduirait plutôt la propension du Président sortant à une conciliation avec un système socialisant et que, sur le double point paradoxal en apparence mais cohérent pour l'électorat droitier de la mondialisation et du socialisme, il a plutôt eu tendance à préserver le modèle consumériste français pourtant amené inéluctablement à se déliter- ce sophisme ne s'explique d'ailleurs que par le poids des retraités dans l'électorat U.M.P.- ce que, à sa décharge, aucun politique ne semble avoir compris et en aucun cas Marine Le Pen, d'ailleurs.
Sur le fonds, bien sûr, je désapprouve cette dernière mais ce n'est pas l'important car j'anticipais cette "consigne" , ne serait-ce qu'en raison de l'existence du discours de Villepinte sur le protectionnisme économique, dont, même si je déplore le déficit d'application, je pense que c'est une excellente chose qu'un Président en exercice légitime le protectionnisme alors que, il y a peu, Monsieur Lelouche tenait encore des propos stupides à ce sujet. Je fais la part des choses sur l'emploi de la force publique à réduire l'insécurité, considérant qu'il faut des moyens en période de crise mais considérant aussi que les régiments rapatriés d'Afghanistan pourraient y contribuer tout à fait légalement.