FRONT NATIONAL : LA VRAIE/FAUSSE DIVERGENCE ENTRE FLORIAN PHILIPPOT ET NICOLAS BAY PROUVE QUE LE VRAI PROBLEME N'EST PAS LA SORTIE DE L'EURO (SURTOUT HORS PERIODE ELECTORALE) MAIS PEUT-ETRE UN PEU LA LIGNE ETATISTE MAIS SURTOUT...LA FAMILLE LE PEN EN L'OCURRENCE MARINE DONT LA PRESENCE A L'ASSEMBLEE NATIONALE EMPECHE LA CONSTITUTION D'UN GROUPE PARLEMENTAIRE

Publié par CASTELMAURE

FN : derrière Marine Le Pen, un duel entre Florian Philippot et Nicolas Bay

Le séminaire du Front national organisé ce week-end a accouché d'une nouvelle orientation sur la question de la sortie de l'euro. Les numéro deux et trois du parti, Florian Philippot et Nicolas Bay, défendaient des positions nettement différentes.

Florian Philippot et Nicolas Bay ont des conceptions très différentes de la souveraineté monétaire.
Florian Philippot et Nicolas Bay ont des conceptions très différentes de la souveraineté monétaire. (Reuters)
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    Nicolas Bay va-t-il devenir le porte-drapeau des anti-Philippot au sein du Front national? La préparation du séminaire pour la "refondation" du parti a en tout cas été l'occasion d'une nouvelle opposition entre les numéro trois et numéro deux du parti, respectivement secrétaire général et vice-président du mouvement. Les deux trentenaires ont des parcours radicalement différents. Quand le jeune mégrétiste Nicolas Bay était encore un concurrent du FN au sein de l'extrême droite française, Philippot, de quatre ans son cadet, soutenait Chevènement à la présidentielle de 2002. Avec le retrait de Marion Maréchal-Le Pen, Nicolas Bay peut espérer reprendre le flambeau de l'aile la plus droitière du FN, davantage attachée à la défense de l'identité qu'à celle de la souveraineté française.

    La sortie de l'euro est au cœur de leur divergence, puisque Philippot y reste fermement attaché quand Bay défend une profonde révision de cette question. Depuis l'élection présidentielle, les deux hommes s'affrontent par médias interposés à ce sujet. La semaine dernière, le site du Figaro a même publié la "contribution" de Florian Philippot en vue du séminaire du Front national, avant d'en faire de même quatre jours plus tard pour celle de Nicolas Bay. Sans surprise, les textes se sont révélés très différents. Tenant d'une ligne étatiste, le vice-président fustige ceux qui penseraient que, "par une sorte de pensée magique, il suffirait que le FN renonce à la sortie de l'euro pour atteindre 50% des voix". Réputé plus libéral, Nicolas Bay assure quant à lui qu'une sortie "comporte aussi des risques" et que l'euro "pourrait protéger d'attaques des marchés sur la France".

    Pas de vainqueur à l'issue du séminaire

    Au final, le parti de Marine Le Pen a retenu samedi dans son communiqué final une position intermédiaire. Il prend acte des "inquiétudes exprimées par une partie [des Français] sur la question de l'euro" et renvoie ce "recouvrement de la souveraineté monétaire" à la fin d'un éventuel quinquennat. Le changement est déjà net par rapport à la dernière campagne présidentielle, puisque la candidate frontiste promettait de trancher cette question en six mois, avec un référendum à la clé. Cette nouvelle position a, à en croire plusieurs participants à l'AFP, été approuvée par tous, à l'exception de quelques cadres ayant préféré s'abstenir. Il s'agit des plus farouches partisans d'un abandon de la sortie de l'euro : l'économiste Bernard Monot, l'ex-UMP Jérôme Rivière et… Nicolas Bay.

    Un premier désaveu pour le secrétaire général? Ses aménagements ont en tout cas pour l'heure été laissés de côté. Le cadre frontiste défendait notamment dans Libération un "renforcement des contrôles nationaux sur la Banque centrale européenne" et un "quota de création monétaire pour chaque pays". Mais Florian Philippot n'a pas obtenu davantage gain de cause. Dans sa contribution, il jugeait "probablement pire que mieux" l'option de "rallonger le délai avant le passage à la nouvelle monnaie nationale". "Faut-il 'laisser l'euro mourir de lui-même sans intervenir'? Cette solution est inopérante", ajoutait-il, prenant ici le contre-pied de propos tenus par Marine Le Pen dans le JDD.

    Menaces et "états d'âme"

    Le débat devrait se poursuivre d'ici à septembre et la consultation prévue des adhérents sur cette "refondation" du parti. Au sein du parti, on estime toutefois qu'un "consensus" s'est dégagé à une "extrême majorité" et que tout risque de scission semble pour l'heure écarté. Comprenez : un départ de Florian Philippot n'est plus à l'ordre du jour alors que l'intéressé avait menacé en mai de quitter le parti si cette sortie de l'euro était abandonnée. Le chantage avait d'ailleurs déplu à Nicolas Bay, qui lui avait rétorqué que ce n'était pas "l'heure des états d'âme".

    Contesté par une partie des troupes frontistes depuis l'échec de Marine Le Pen à l'élection présidentielle, Florian Philippot s'est en tout cas montré satisfait à la sortie du séminaire de son parti, ce week-end à Nanterre. L'eurodéputé a réfuté devant les caméras tout "règlements de comptes", entouré par sa lieutenante Sophie Montel et Jean-Lin Lacapelle. La première, fraîchement écartée de la présidence de son groupe en Bourgogne-Franche Comté par Nicolas Bay, avait reconnu récemment ne pas être en très bonne relation avec le secrétaire général. Quant au second, ami proche de Marine Le Pen et considéré comme le numéro quatre du FN, il est lui aussi présenté comme l'un des rivaux de Bay. Devient-il par conséquent un nouvel allié de Florian Philippot? "Je n'ai aucun message à faire passer, on m'a mis aux fédérations justement pour éviter ces guerres de clocher", évacue l'intéressé au JDD, qui pré