EN OPPOSANT IDENTITE A SOUVERAINETE AU LIEU D'OPPOSER CREDIBILITE A RADICALITE, LE S.I.E.L. S'ELOIGNE MALGRE LUI DE LA LIGNE DROITIERE DANS LE SILLAGE D'AUTRES OBEDIENCES PENDANT QUE MARINE LE PEN REPREND LES RENNES ET QUE NICOLAS DUPONT-AIGNAN ATTEND D'EVENTUELLES DEFECTIONS

Publié le par CASTELMAURE

Il ne s'agit pas ici de le nier : dans son débat de l'entre-deux-tours, Marine Le Pen a été nullissime et l'on aurait pu imaginer son père aussi vindicatif mais au moins plus "recherché" intellectuellement. Mais il s'agit de forme et, ce matin même devant  Jean-Jacques Bourdin, elle a su à la fois trouver non une excuse mais une explication, indiquant qu'elle voulait que l'on sache qui était Emmanuel Macron et, osant prédire l'avenir sur ce point, indiquant que les Français l'approuveraient dans quelques années voire quelques mois. Peut-être et, en attendant, il ne s'agit pas de la "ligne politique" elle-même et nous allons le voir bientôt puisque, piètre économiste (Marine Le Pen n'est pas Asselineau), elle serait bien incapable de justifier la mesure controversée de la "sortie de l'euro"...contrairement à un Florian Philippot qui, c'est ce que ses opposants finalement hétéroclites n'ont pas compris, joue précisément sa crédibilité là-dessus. Je veux dire que, s'il est capable de justifier cette mesure, le "reste" passera et cela marginalisera  les "ultras" de la "vielle extrême-droite" qui lui reprochent bien autre chose que la  "sortie de l'euro" en même temps que cela éloignera les "modérés", ceux qui ne se satisferaient de toutes les façons pas d'une positionnement trop "hors système" et qui peuvent passer pour des "conservateurs"..

ces "conservateurs" vers qui justement le "Brutus" du S.I.E.L. (je veux dire celui qui a pris la place de son fondateur pour, à l'époque, rendre le parti davantage "compatible" avec le Front national en lui faisant en quelque sorte, édulcorer son côté "droitier", décidément...) Karim Outchik voit maintenir en l'avenir de l'Europe à la suite des élections passées et ce, au détriment avant tout des "populistes". Traditionnellement, du fait de l'importance des anciens "villiéristes" dans son architecture, ce parti associe en quelque sorte souverainisme constructif, défense de l'identité à différents niveaux et certain "conservatisme social" dans une vision relativement cohérente où "remigration" et coopération, défense des identités locales et localisme économique, combat de la désagrégation des mœurs en même temps que de l'islamisme vont plutôt de pair. Prenant maladroitement acte d'une distinction tout à fait fondée entre deux électorats assez différents sociologiquement (même s'il faudrait y ajouter un électorat plus "France périphérique" correspondant à la "ruralité abandonnée"), l'un plus "poujadiste" et l'autre plus "gaucholepéniste" (largement antérieur en fait à l'avènement de Marine Le Pen) comme de l'opposition latente, je dirais inhérente, que suscite la mainmise du clan Le Pen chez des gens qui, même s'ils ont été aux avant-loges de la scission de 1998, se sont mis à regretter Jean-Marie au point de ne plus voir la continuité entre Jean-Marie et Marine, Karim Outchik donne une magistrale leçon de stratégie en même temps que d'orthodoxie doctrinale.

Le problème est que, sauf pour certains "identitaires" vaguement européistes, le débat classique (qui avait un sens sur les questions sociétales, il est vrai que Philippe de Villiers était plus "radical" que Jean-Marie Le Pen mais cela en avait moins sur les questions migratoires, européennes et économiques où le second conciliait intelligemment souverainisme, libéralisme et défense de l'identité par le terroir)  entre "modération" et "radicalité" , entre ce qui plait à l'électorat populaire et ce qui plait à l'électorat "petit bourgeois" n'est pas le même que le débat entre souveraineté et identité qui n'a précisément pas de sens, tant les deyx notions sont liées. Le simple fait que la "sortie de l'euro" ait remplacé les propos de Jean-Marie Le Pen (que peut-être Jean-Yves Le Gallou a oubliés...) comme "outil de diabolisation" devrait faire réfléchir..

D'ailleurs, n'est-ce pas dans les institutions européennes aujourd'hui que, nonobstant le "système social" à la française que, effectivement, Marine Le Pen et  Florian Philippot défendent à tort, se construit la politique "migratoire" avec un esprit qui, dans la tête de certains "conservateurs", est parfaitement cohérent? Inversement, une politique de contrôle migratoire ne serait-elle pas complémentaire d'une politique de restriction des échanges commerciaux et marchands, par ailleurs garante d'une certaine identité locale (il s'agit bien ici de paysans et de "petites entreprises" enracinées et non de démembrements de l'Etat-Providence) interdite par l'Union européenne? Le vrai problème est que, sur les questions européennes comme migratoires, une politique de "rupture" est "risquée" pour ceux qui ont le plus à perdre (je ne parle pas ici des grands milliardaires internationaux bien sûres) et c'est pourquoi j'ai longtemps priviliégié le discours "droitier" où la nécessité d'un certain "souverainisme" (avec contrôle migratoire) se ferait dans la modération et sans exclure un encouragement aux "forces vives" de la Nation et des terroirs...Une autre question certes essentielle serait de savoir si cela sera encore possible lorsque, échaudés par les menaces de grèves, les grands tenants du Système lâcheront ou non Macron mais cela n'interdit pas la cohérence. Si Karim Outchik veut jouer la carte "plus ferme sur la question migratoire" que le Front national, cela ne le rendra pas nécessairement plus sympathique auprès de l'électorat de "droite modérée" ("euro ou pas euro" comme dirait Marion Maréchal, bien plus cohérente sur ce point)  et il ferait bien plutôt de chercher des "droitiers euroconstructifs" à l'image, pour l'instant (je ne vois que lui et il saura se faire attendre) de Nicolas Dupont-Aignan. Ou il sort vraiment du Système mais, à ce moment-là, il renonce précisément à l'électorat " systémiste" par excellente qu'est l'électorat de "droite parlementaire" (ou encore, il admet comme le jeune Villiers fondant le Puy-du-Fou que la défense de l'identité n'est pas nécessairement politique ce qui a un sens après tout).

En attendant, ce n'est pas lui qui, malheureusement, empêchera une Marine Le Pen qui, comme son père, s'est toujours très bien adaptée à l'impasse structurelle de son parti comme tant d'autres avant lui, du moins d'ici d'éventuelles défections de députés "Les Républicains" ou...les municipales! Reste à savoir aussi si le "changement de forme" qu'annonce Marine Le Pen se traduira par un changement de structure ce qui, effectivement, décloisonnerait peut-être les choses, peut-être...(mais ce n'est pas dans les "gênes" du Front national et encore moins ceux des Le Pen mais il est vrai que la problématique du groupe à l'Assemblée Nationale...)

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