PRESIDENTIELLE 2017: MARINE LE PEN DOIT FAIRE UN GESTE FINANCIER VERS NICOLAS DUPONT-AIGNAN

Publié le par CASTELMAURE

Inutile de discourir sur des résultats annoncés et même orchestrés à l'avance (je renvoie ici à mes articles d'il y a quelques mois) même si la dynamique Mélenchon d'une part et l'acharnement presque méritoire de François Fillon à l'aide d'une campagne électorale à propos de laquelle il faut bien reconnaître que les media ont fini dans un second temps par "jouer le jeu", laissant concrètement les petits candidats s'exprimer "à égalité" avec les "grands".

Le pugnace Nicolas Dupont-Aignan, misant  à mon avis sur une recomposition de la droite à la faveur d'une crise interne au Front national avec la ligne MMLP et la défaite attendue de François  Fillon, a pu en profiter mais...finalement pas au point d'atteindre le seuil de remboursement des frais de campagne à 5% des suffrages exprimés. A moins qu'il ne bénéficie de soutiens "politiques" (émanant de qui? De ceux qui misaient absolument sur une qualification de l'un des candidats de gauche hors Macron mais ce n'était pas acquis d'avance), et en dehors de la perspective de ladite recomposition encore hors sujet jusqu'aux élections législatives, les "Républicains" espérant encore remporter la majorité à cette occasion et le duel MLP/EN ne s'inscrivant pas dans un clivage "droite/gauche" classique, le président de "Debout la  France" aura besoin qu'on l'aide à rembourser ses frais de campagne, directement ou indirectement : par l'aide à l'obtention d'une subvention publique après les élections législatives, tout spécialement!

Or, un "accord déguisé" entre Debout la France et le Front national, consistant notamment en l'absence de candidat dans une vingtaine à une cinquantaine de circonscription dont celle de M.Dupont-Aignan (ce qui "clarifierait" d'ailleurs sa situation, élu désormais localement grâce non plus à l'ancienne U.M.P. mais grâce au F.N.) suffirait de facto à l'obtention de cette subvention dont la conditiion minimale est : 1% dans au moins cinquante circonscriptions ce qui n'est pas si certain que cela en l'état.

Marine le Pen a sans doute bien fait de miser sur le clivage "patriotes/mondialistes" d'autant plus que la "réorientation" de la campagne sur les questions migratoires sans abandonner les questions européennes et le soutien officieux de Philippe de Villiers lui a permis de consolider sa "frange droitière" mais...outre qu'elle ne peut l'emporter en l'état comme l'indiquait justement (sur ce point) le président du S.I.E.L. Karim Outchik, la nécessité d'une progression importante entre les deux tours est vitales pour ne pas qu'il lui arrive la même chose qu'à son père en 2002 à savoir une forme de "mort politique" liée au désintérêt vis-à-vis d'un candidat ne parvenant pas à augmenter substantiellement entre les deux tours. Or, ni le report direct ou indirect d'une partie de l'électorat filloniste ni celui de l'électorat mélenchoniste n'étant acquis et se "contredisant" l'un l'autre (il semble qu'il n'y a plus de réserve du côté abstentionniste si ce n'est que, comme l'indiquait Maurice Gendre, il reste à espérer que les macronistes ne parviennent pas à les "faire voter" au second tour) , c'est bien d'un appel direct ou indirect de Nicolas Dupont-Aignan que cette nécessaire progression est tributaire.

Loin de "l'union des Patriotes" de jadis ressemblant à un appel à un soutien unilatéral et inconditionné de personnalités n'y ayant aucun intérêt (ne serait-ce que Philippe de Villiers jadis envers Jean-Marie le Pen), une discussion pragmatique sur la base de cette certitude d'obtention de la subvention (permettant alors de rembourser les frais de campagne) peut laisser espérer cette éventualité/nécessité.

Il reste aussi à savoir si, dans l'hypothèse où "Debout la France" pourrait assumer cet échec (à atteindre le seuil de remboursement des frais de campagne), Nicolas Dupont-Aignan ne pourrait pas se permettre de jouer encore "sa propre carte" en attendant une "recomposition" qui ne débutera pas avant l'été mais, dans ce cas, il serait intéressant de le savoir avant de l'affirmer.

 

 

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