AFFAIRE FILLON: POURQUOI NI LE MEDIA NI MARINE LE PEN NE CHARGENT MACRON...POUR L'INSTANT!

Publié le par CASTELMAURE

           Ainsi, se sont concrétisées certaines rumeurs concernant la sincérité et les "moeurs" de celui qui, ancien Premier Ministre de Nicolas Sarkozy et ministre à plusieurs reprises auparavant dans les gouvernements "de droite", avait su faire passer sa capacité à "avaler des couleuvres" pour une discrétion ne remettant pas en cause la sincérité de son incarnation de la "vraie droite", celle des valeurs, davantage ceci dit la droite "conservatrice", alliant Ouest  francilien et petite bourgeoisie provinciale de la moitié Ouest que l'électorat "droitier" à proprement parler, n'en déplaise aux stratèges d'une tendance "Marion Maréchal-Le Pen" en difficulté, nous allons voir pourquoi.

              Le défaut de concertation des époux Fillon dans leur défense apparaissant patent (Pénélope indiquant qu'elle ne s'ocupait pas trop de politique), on peut penser qu'ils ne s'y attendaient pas, pas aussi peu de temps après le triomphe imprévu de la "primaire". Bien entendu, certains pourraient accuser la "gauche" mais quelle "gauche", celle de Hamon, qui vient de gagner la primaire? Ou celle de Macron qui, curieusement, parait épargné par ces "boules puantes" qui risquent de constituer la "marque de fabrique" d'une campagne présidentielle marquée par un discrédit inédit (et un peu mérité) de la classe politique émanant d'un électorat ayant lui-même de plus en plus de mal à se "positionner" en termes de profondeur politique avec ce que cela peut entraîner si l'on est un peu logique avec soi-même et si l'on n'est pas dans la thématique de la "lutte des classes" ou de la "lutte des générations"? Et, pourtant, la victoire de Hamon à gauche avait semblé le corollaire de la victoire de Fillon à droite à savoir un retour du "positionnement droite/gauche initial" qui, s'il n'était pas trop concrétisé politiquement, avait au moins une cohérence dans le discours, le positionnement et...la sociologie électorale. L'émergence extraordinaire, au vu de l'absence de structure partisane subventionnée par les dispositifs légaux d'aide aux partis (mais subventionnée par des dispositifs de détournement dont on parle curieusement peu aujourd'hui) de l'ancien ministre-fonctionnaire-banquier Emmanuel Macron (lequel ne connait à ce propos pas les règles déontologiques en vigueur) dans les sondages avant même la primaire du Parti Socialiste, est passée d'abord inaperçue du grand public, les "sondés" n'étant peut-être pas très représentatifs de la population française. Pourtant, ce dernier semble avoir retourné à son avantage le discrédit vis-à-vis des partis, accentué avec l'affaire Fillon, en ce sens que, effectivement, il peut affirmer (même si c'est largement inexact) qu'il n'en est pas issu. Mais le double fait qu'il ne soit pas lui-même tout  blanc comme neige sur la question des affaires (c'est peu de le dire) et qu'il soit largement soutenu par des milieux financiers qui prennent en otage des classes moyennes en difficulté de positionnement dévrait déjà interroger comme l'a fait ce matin un Nicolas Dupont-Aignan, ayant tiré profit de la chute de Fillon mais en attendant maintenant une "autonomisation" d'une partie de l'électorat de droite.

          Et Marine le Pen? La qualification probable d'Emmanuel Macron l'arrange également en interne, justement parce qu'elle pourra se prétendre (ce qu'elle sera certes en grande partie) l'électorat du "peuple" contre l'électorat des "élites" au sens le plus odieux du termes, les "classes moyennes" affrontant elles la contradiction entre la nécessité du changement et la "nécessité" d'une survie du Système garantie par la finance. C'est pourquoi elle se garde bien d'attaquer Macron d'ores-et-déjà comme le fait son petit "rival" Nicolas Dupont-Aignan et, quant à Fillon, se contente simplement de lire des media qui s'acharnent un peu sur l'indélicat aux allures de "chef de bonne famille". L'arrange "en interne" parce que marginalise tous ceux qui, du S.I.E.L. à sa nièce en passant aussi bien, ce qui n'est pas pareil (pensons aux questions migratoires et européennes), par la tendance identitaire et/ou "nationaliste" traditionnelle (bizarrement en train de se confondre aujourd'hui malgré la divergence fondamentale sur la question européenne et sur la question civilisationnelle) à la frange la plus "patriote" de "La Manif Pour Tous", cherchaient à mettre en exergue plus ou moins adroitement une "vraie droite", point tout à fait encore marginalisée par la dépendance accrue de la France envers ses créanciers apatrides.

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