LES TROIS ELECTORATS DU FRONT NATIONAL ET ANEXES

Publié le par CASTELMAURE

LES TROIS ELECTORATS DU FRONT NATIONAL
-un électorat de type « droitier », je dirais plutôt « poujadiste » plutôt basé dans le Sud-Est, issu
originellement des professions indépendantes mais comprenant aujourd’hui des « classes
moyennes » voire certains retraités (sachant que les « rapatriés » vivent parfois encore), dont les relations avec l’immigration souvent maghrébine sont complexes car vivant dans une certaine promiscuité. De manière générale, sans être outre-mesure favorables à l’euro (sauf les retraités), ils sont favorables à une limitation des prélèvements obligatoires comme à une limitation de l’immigration que certaines thématiques (l’assistanat) permettent d’associer
 
-un électorat de type « gaucho-lepéniste » apparu souvent au début des années 90, surtout dans les bassins miniers du Nord et du Nord-Est, plus attaché à l’ «Etat-Providence » (il s’agit souvent d’un ancien électorat communiste) en même temps qu’à une certaine forme de « préférence nationale », ne comprenant pas néanmoins une dimension « identitaire » car il s’agit davantage de limiter les droits aux « nationaux ». Cet électorat s’est accru avec le phénomène « Marine » en y agrégeant désormais un électorat de gauche d’un point de vue « sociétal » sachant que, jusqu’à présent, certaines couches populaires considérées pouvaient avoir des positions conservatrices sur les questions sociétales.
 
-un électorat monté en puissance au cours des dernières années avec des hauts et des bas
correspondant au cœur de ce que le géographe Guilly appelle la « France périphérique », celle des zones rurales et périurbaines à l’écart de la « dynamique » des centres-villes et subissant les effets a posteriori de l’ « exode rural ». Il « mord » sur le deuxième et dans une moindre mesure sur le premier mais apparait aujourd’hui assez spécifique en ce sens qu’il réclame, comme le second, des services publics mais des services publics réorientés vers la ruralité en même temps qu’il peut paraître plus « droitier » ou poujadiste sur certaines questions fiscales.
 
 
 
L’électorat des campagnes alsaciennes pourrait être un mélange des trois mais recoupant en partie, comme l’électorat corse et malgré une différence sociologique conséquence, un électorat de type « catholique » d’un point de vue sociologique (recoupant l’électorat filloniste de la primaire mais incluant une dimension plus politisée aujourd’hui en distorsion avec Marine), lequel électorat, malgré sa capacité de mobilisation, n’est pas si conséquent que cela, en partie parce que ses fiefs électoraux restent des « zones de mission » pour le Front national comme l’Ouest francilien, les littoraux de l’Atlantique et de la Manche voire les zones rurales de la moitié Ouest (même s’il s’agit surtout dans ces dernières d’un électorat rural moins déraciné que dans la moitié Est).

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